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Le Canada doit avoir politique énergétique nationale, croit Sophie Brochu

La PDG de Gaz Métro, Sophie Brochu... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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La PDG de Gaz Métro, Sophie Brochu

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

L'absence de vision commune nationale en matière énergétique est une «bombe à retardement sur le point de nous sauter au visage», estime la présidente et chef de la direction de Gaz Métro, Sophie Brochu.

Prenant la parole devant l'Association des MBA du Québec, mercredi à Montréal, la présidente de Gaz Métro a plaidé pour que les provinces prennent l'initiative de s'entendre entre elles pour dégager des conditions communes, des critères communs pour évaluer les différents projets énergétiques proposés sur leur territoire.

«Je ne dis pas que je n'ai pas confiance au gouvernement fédéral. Je ne dis pas qu'il est en train d'élaborer un programme; il n'a pas de volonté de ça, présentement. Ce que je dis, c'est que devant le défi qui est celui essentiellement des provinces de faire en sorte que les grands projets qui sont importants pour chacune des provinces puissent aller de l'avant, il me semble que les provinces sont les mieux placées pour s'asseoir autour d'une table et discuter des conditions gagnantes pour que ces projets-là aillent de l'avant.»

Elle a déploré la stratégie qui consiste à laisser le marché décider, en matière énergétique, affirmant qu'il n'appartient pas à des entreprises privées de décider de ce qui est bon pour l'intérêt public des provinces et du Canada.

Au cours d'un point de presse après son allocution, Mme Brochu n'a pas utilisé de nouveau l'expression de politique énergétique nationale qu'elle avait utilisée dans son discours, mais elle a parlé d'une sorte de «vision commune» en matière énergétique.

Elle a pris soin de souligner qu'elle ne voulait pas d'un plan comme le fameux Programme énergétique national de l'ancien ministre libéral Marc Lalonde, qui avait causé toute une commotion au pays dans les années 1980.

Elle a souligné que dès 2007, elle déplorait que «le Canada est devenu un patchwork énergétique», une courtepointe. «C'était toutes des politiques énergétiques provinciales qui étaient cohérentes avec elles-mêmes, mais sans cohérence entre elles, des politiques énergétiques qui, pour des raisons commerciales très logiques, étaient toutes orientées nord-sud. C'était vrai pour le pétrole, le gaz naturel et l'électricité», a-t-elle noté.

Après avoir rappelé sa propre sortie publique d'octobre dernier exprimant ses réserves face au projet Énergie Est de TransCanada, elle a ajouté: «Les gens sont choqués parce qu'on est sorti publiquement. Et aujourd'hui, on se retrouve dans cette situation-là pourquoi? Parce qu'on «"let the market decide", parce qu'on laisse le soin à des entreprises privées de dicter ce qui est dans le meilleur intérêt économique et énergétique canadien. Ça n'a pas de sens!»

«Il est grand temps que ce pays-là se donne une vision énergétique nationale pour être capable d'aller de l'avant de manière ordonnée», a-t-elle martelé.

Mme Brochu a dit se réjouir à ce chapitre du rapprochement qu'elle a perçu entre les gouvernements du Québec et de l'Ontario face au projet de TransCanada. Ces provinces ont émis des conditions pour que le projet leur paraisse acceptable.

Mme Brochu croit que les provinces centrales pourraient même réussir à convaincre l'Alberta de se joindre à cette «vision commune» en matière énergétique et environnementale, à condition que chaque province fasse preuve de compréhension face à la situation énergétique de l'autre.

Direction d'Hydro-Québec

Par ailleurs, Mme Brochu, dont le nom circule parmi les successeurs potentiels au président d'Hydro-Québec Thierry Vandal, qui quittera son poste le 1er mai, a semblé rejeter cette possibilité.

D'abord, elle n'a pas voulu dire si le poste lui avait été offert. «Je ne répondrai pas à ça», a-t-elle répliqué aux journalistes.

Puis elle a ajouté: «Il y a chez Gaz Métro un défi extraordinaire que j'entends compléter. Et parce que j'entends le compléter, ça implique que je doive y rester. Je suis très bien où je suis. Je reconnais qu'Hydro-Québec, c'est non seulement une des plus belles entreprises énergétiques en Amérique du Nord, c'est une des plus belles entreprises énergétiques au monde, avec du monde extraordinaire».

Mais elle s'est empressée d'ajouter: «une fois qu'on a dit ça, ça prend un certain talent, et compte tenu de mes talents et de mes quelques défauts, compte tenu du potentiel qu'on a chez Gaz Métro, compte tenu de l'équipe qui est en place, compte tenu des défis, compte tenu de ce que je suis, c'est chez Gaz Métro que je suis le plus à même de contribuer à la société québécoise».




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