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Rio Tinto Alcan: les investissements devront attendre

Alfredo Barrios, chef de la direction de Rio Tinto... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Alfredo Barrios, chef de la direction de Rio Tinto Alcan, estime que l'heure n'est pas aux nouveaux investissements, même si la division aluminium est redevenue rentable et que l'entreprise n'a pas l'intention de la vendre.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Hélène Baril

Rio Tinto Alcan (RIO) a renoué avec la rentabilité après plusieurs années de vaches maigres, mais le rendement de cette division de Rio Tinto est encore insuffisant pour justifier de nouveaux investissements, affirme son nouveau patron, Alfredo Barrios.

Celui qui a succédé à Jacynthe Côté a livré un message mitigé hier, à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lors de sa première apparition publique depuis sa nomination en juin 2014.

Rio Tinto Alcan fait des profits, mais elle doit maintenant «mériter le droit d'investir et de croître» en augmentant son rendement afin de couvrir le coût du capital, assumer sa part des dividendes de Rio Tinto et financer de futures dépenses en immobilisation.

«Nous ne récupérons toujours pas les investissements substantiels qui ont été consacrés à nos activités d'électrolyse», a dit le chef de la direction de Rio Tinto Alcan.

«Il faudra encore un certain temps», estime-t-il, ce qui veut dire que l'entreprise restera au régime minceur pour quelques années de plus.

Rio Tinto affiche un profit de 9,3 milliards US en 2014. Sa division aluminium est celle qui a le mieux performé avec des bénéfices de 1,25 milliard US, en hausse de 124%.

Le prix de l'aluminium est encore trop bas pour qu'une augmentation des capacités de production soit envisagée, a expliqué celui qui a cumulé une longue expérience au sein de la pétrolière BP avant de se joindre à Rio Tinto.

Mais à moyen terme, les perspectives sont excellentes pour l'aluminium, selon Alfredo Barrios. Et le Québec reste une place de choix pour les futurs investissements de Rio Tinto Alcan, selon lui, en raison de son énergie renouvelable à bon prix.

«Rio Tinto a d'ailleurs un portefeuille de projets de croissance potentielle prenant la forme de projets d'agrandissement d'envergure, ici au Québec, que nous pourrons mettre à profit quand les conditions économiques et commerciales seront propices.»

Interrogé au sujet de ces projets, M. Barrios a mentionné l'expansion de l'aluminerie Alouette à Sept-Îles et celle d'Arvida, qui utilise la nouvelle technologie AP60.

Rio Tinto Alcan a aussi l'intention de continuer d'investir dans ses installations existantes au Québec pour en améliorer la productivité. «Souvent, il est plus logique d'améliorer nos actifs que d'investir dans de nouvelles installations», a-t-il expliqué lors d'une rencontre de presse.

Par ailleurs, Alfredo Barrios a balayé les rumeurs d'un possible regroupement avec Alcoa pour contrer la concurrence chinoise. Il a aussi répété que Rio Tinto n'avait pas l'intention d'abandonner le secteur de l'aluminium, même si, selon d'autres rumeurs du marché, le géant minier Glencore s'intéresserait à Rio Tinto Alcan.

Selon Alfredo Barrios, la direction de Rio Tinto est très satisfaite de la performance de sa division aluminium et entend la garder.

Un déménagement prochain

Rio Tinto Alcan aménagera à la fin de l'année dans la nouvelle tour Deloitte, au centre-ville de Montréal. L'entreprise louera les 8 derniers étages de l'édifice qui en comptera 26. Lors de l'achat d'Alcan par Rio Tinto en 2007, les nouveaux propriétaires devaient réaliser le projet déjà annoncé d'agrandir le siège social de la rue Sherbrooke Ouest, projet qui a été abandonné. Il y a 800 personnes qui travaillent actuellement à Montréal, un chiffre qui inclut les représentants d'Iron Ore et ceux des autres activités canadiennes de Rio Tinto.

Une cure d'amaigrissement

Rio Tinto Alcan a subi une sérieuse cure d'amaigrissement au cours des trois dernières années. L'entreprise compte actuellement 18 000 emplois dans le monde, soit 3000 de moins qu'il y a trois ans. Sa capacité de production d'aluminium a été réduite de 25% et sa capacité d'affinage de l'alumine a diminué de 30%. Ses alumineries les moins performantes ont été regroupées au sein d'une nouvelle division, Pacific Aluminium, qui attend toujours d'être vendue. La performance de Pacific Aluminium s'est améliorée en 2014, a indiqué hier le chef de la direction de RTA, mais son avenir reste incertain.

Le Québec doit être patient

«Le groupe Aluminium de Rio Tinto est ici pour rester et pour croître», a affirmé hier le successeur de Jacynthe Côté. Il faudra toutefois être patient et attendre une amélioration du marché de l'aluminium. En 2015, le seul investissement prévu au Canada est la poursuite des travaux de modernisation de l'aluminerie de Kitimat, en Colombie-Britannique, auxquels 1 milliard US sera consacré.

Des perspectives encourageantes

La demande d'aluminium devrait augmenter de 4% par an d'ici 2025, grâce à l'industrie de l'automobile. Selon une étude de la société d'experts-conseils Ducker Worldwide, citée hier par le chef de la direction de RTA, sept nouvelles camionnettes sur dix produites en Amérique du Nord auront une carrosserie en aluminium d'ici dix ans. Les perspectives sont bonnes pour tout le secteur du transport, de l'aérospatiale au ferroviaire, de même que dans la construction.




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