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Métallurgie: faire autrement pour affronter la concurrence

Zahid Fazal est associé de certification et leader du secteur... (PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Zahid Fazal est associé de certification et leader du secteur mines et métaux pour le Québec chez Ernst & Young.

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Didier Bert

Collaboration spéciale

La Presse

En réponse à une économie au ralenti, les entreprises métallurgiques ont commencé par réduire leurs dépenses. Désormais aux prises avec la volatilité des prix sur les marchés mondiaux, elles s'affrontent à présent dans la course à la productivité... mais en s'y prenant autrement.

«Les entreprises ont fait le maximum en matière de réduction des coûts, croit Zahid Fazal, associé de certification et leader du secteur mines et métaux pour le Québec chez Ernst & Young. Il leur est difficile de trouver d'autres économies dans ce domaine.»

Trouver des solutions à plus long terme

Après ces réponses à court terme, le secteur cherche maintenant à transformer son processus complet de production pour gagner en productivité. L'enjeu? Faire face à une volatilité accrue des prix en raison de la faiblesse de la demande mondiale.

«La demande est là, assure M. Fazal. La Chine et l'Inde notamment vont continuer à croître, et la demande va augmenter... Mais, pour l'heure, l'offre reste supérieure à la demande.»

Dans ce contexte peu favorable, les producteurs doivent revoir leurs manières d'allouer leurs ressources. Dans les dernières années, la course aux capitaux a nourri la course à la croissance. «Les entreprises investissaient pour augmenter leur production, quitte à s'endetter», précise M.Fazal. À présent, les entreprises préfèrent analyser plus finement la manière dont elles utilisent leurs capitaux. «Elles vont dans le détail de l'utilisation des équipements pour améliorer leur efficacité, automatiser et innover», explique-t-il.

Tous concernés par la formation

La recherche de gains de productivité concerne aussi la main d'oeuvre. Devant la difficulté de recruter de jeunes adultes, «les entreprises doivent revoir leurs façons de faire», souligne Marie-France Charbonneau, directrice générale du Comité sectoriel de main-d'oeuvre (CSMO) de la métallurgie. «Notre main-d'oeuvre doit être plus polyvalente et elle doit pouvoir se déplacer horizontalement dans l'entreprise.»

Alors que la loi sur les compétences prévoit de consacrer 1% de la masse salariale à la formation, «toutes les entreprises n'utilisent pas ces fonds, surtout les PME», regrette Mme Charbonneau.

Après la crise financière, les entreprises ont privilégié la croissance au détriment de la formation, observe Zahid Fazal. Elles se sont retrouvées avec une rotation élevée du personnel. «Aujourd'hui, elles veulent investir dans le recrutement et la formation pour fidéliser leur main-d'oeuvre», ajoute-t-il.

Compétences essentielles

L'acquisition des compétences essentielles, comme la lecture, est particulièrement prometteuse dans la métallurgie. «Les compétences essentielles sont peut-être davantage oubliées qu'ailleurs, parce qu'elles sont moins sollicitées, poursuit Mme Charbonneau. Pourtant, elles sont importantes, par exemple pour lire les consignes de sécurité et pour s'adapter aux changements technologiques.»

Et ces compétences essentielles peuvent être un levier intéressant pour les entreprises métallurgiques. «Leur acquisition répond au besoin d'augmenter la productivité, car elles donnent accès à des formations plus pointues», constate la directrice générale du CSMO Métallurgie.

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L'expansion reste en vue pour Aluminerie Alouette

Aluminerie Alouette compte toujours accroître sa capacité de production dans les prochaines années. Le projet d'expansion, dit de phase 3, ferait passer la production annuelle de 600 000 à un million de tonnes d'aluminium d'ici 10 ans, indique Marie-Claude Guimond, directrice des communications d'Aluminerie Alouette. Pour y arriver, l'entreprise doit franchir plusieurs étapes, parmi lesquelles «l'obtention de tarifs énergétiques et des conditions de marché favorables». En attendant, Hydro-Québec procède au déboisement en vue de la construction d'une nouvelle ligne à 161 kV, qui pourrait être mise en service à la fin de l'année 2015. Est-ce un signe annonciateur de l'expansion? «Nous aurons besoin de cette ligne, avec ou sans la phase 3, affirme Mme Guimond, car nous devons renforcer notre sécurité en approvisionnement énergétique.»

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Rio Tinto Alcan élargit son offre pour l'automobile

La reprise du marché automobile américain fait sentir ses effets au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Avec des ventes de véhicules neufs à leur plus haut depuis huit ans, les constructeurs de véhicules dopent la demande auprès de l'industrie de l'aluminium. Ce matériau leur permet d'alléger leurs automobiles et d'ainsi réduire la consommation de carburant. Rio Tinto Alcan a annoncé un investissement de 4,5 millions pour installer une nouvelle unité de production de petits lingots de fonderie dans son usine Dubuc à Saguenay. Dès le deuxième semestre 2015, la production de lingots d'aluminium augmentera pour atteindre 45 000 tonnes par année. Ces produits sont vendus aux constructeurs d'automobiles et de matériel de transport. L'investissement occasionnera la création de 14 nouveaux emplois.

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ArcelorMittal forme ses employés aux compétences essentielles

Un projet pilote a permis à des employés du Centre de traitement des ferrailles (CTF) d'ArcelorMittal à Contrecoeur de recevoir une formation aux compétences essentielles, élaborée avec le Comité sectoriel de main-d'oeuvre (CSMO) de la métallurgie. «L'absence de certaines compétences de base est un frein, notamment pour s'assurer de la bonne marche de la production», explique Louis-Philippe Péloquin, directeur des communications chez ArcelorMittal. Au cours des derniers mois, 11 participants ont suivi avec succès 30 heures de cours de mise à niveau en lecture, en écriture et en calcul. Ils se sont vu décerner un diplôme sanctionnant leur progression. «Le but est que le projet pilote devienne la référence, pour le futur, dans l'industrie de la métallurgie et au Québec en matière de formation sur les mises à niveau des compétences essentielles», indique M. Péloquin.

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DSO de tata steel sur les rails

Le groupe indien Tata Steel a démarré cette année son projet Direct-Shipping Ore (DSO) au Labrador. Cet investissement de 600 millions permettra à la firme sidérurgiste d'extraire de l'hématite pour la transformer en minerai de fer près de Schefferville. Quelque 4,2 millions de tonnes seront ensuite expédiées annuellement aux usines de Tata Steel en Europe. L'entreprise albertaine New Millennium Iron a commencé les travaux de construction du complexe de traitement minier. Près de la moitié des installations d'équipements mécaniques est achevée, précise l'entreprise. La station d'entreposage est en cours de construction, mais le tronçon ferroviaire de 16 kilomètres est terminé. Cependant, Tata Steel tente toujours d'obtenir un droit d'accès au quai multiusager du port de Sept-Îles. Le groupe indien a participé au financement de l'installation portuaire, mais la minière Cliffs Ressources Naturelles refuse toujours que d'autres firmes traversent son terrain pour accéder au nouveau quai.




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