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Le baril de pétrole à 80 $ a des effets pervers

Selon l'économiste Mark Jaccard, professeur à l'université Simon... (PHOTO FERNANDO LLANO, AP)

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Selon l'économiste Mark Jaccard, professeur à l'université Simon Fraser, la baisse des cours du pétrole peut se solder par une hausse de la consommation dans certaines régions du globe, comme l'Asie du Sud, l'Extrême-Orient, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, «ce qui n'est pas une très bonne nouvelle pour l'environnement», prévient-il.

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Bruce Cheadle
La Presse Canadienne
OTTAWA

La chute récente des cours du pétrole a beau réjouir les opposants à l'exploitation des sables bitumineux et aux grands projets d'oléoducs, ce phénomène pourrait par ailleurs provoquer une augmentation de la consommation dans certaines parties du globe, prévient un économiste.

Des environnementalistes se félicitent, notamment sur les médias sociaux depuis une semaine, qu'un baril de pétrole à 80 $ ne permette pas à la grande entreprise de faire ses frais dans l'exploitation et le transport de pétroles bruts «non classiques» - le pétrole des sables bitumineux ou de schiste, par exemple.

Ainsi, Keith Stewart, chercheur à Greenpeace Canada, croit que ces prix à la baisse du baril de pétrole freineront un peu la croissance effrénée de l'exploitation des sables bitumineux, ce qui permettra aux énergies renouvelables de remplacement de s'enraciner plus facilement.

Par ailleurs, M. Stewart rappelle dans un courriel que comme l'industrie des sables bitumineux et les grands projets d'oléoducs nationaux et transnationaux sont basés sur le long terme, ils risquent d'engager le pays dans des décennies d'émissions de gaz à effet de serre, un cycle difficile ensuite à briser. La baisse des prix du brut a eu au moins l'avantage, a-t-il dit, de mettre en lumière l'imprudence du gouvernement Harper, qui a mis tous ses oeufs économiques dans le même panier bitumineux.

Clare Demerse, de l'organisme environnemental Clean Energy Canada, soutient aussi que la volatilité des prix dans les secteurs du pétrole et du gaz milite justement pour un investissement accru dans les sources d'énergie renouvelables de substitution.

Mais l'économiste Mark Jaccard, professeur à l'université Simon Fraser, estime que les environnementalistes ne devraient pas se réjouir trop vite de «petites victoires ici et là». La chute des prix du pétrole, il est vrai, «peut stopper des projets de pipelines et freiner la croissance» dans l'industrie, a-t-il convenu dans un entretien à La Presse Canadienne. Mais la baisse des cours du pétrole peut aussi se solder par une hausse de la consommation dans certaines régions du globe, comme l'Asie du Sud, l'Extrême-Orient, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, «ce qui n'est pas une très bonne nouvelle pour l'environnement», prévient-il.

Selon lui, les écologistes se réjouissent de victoires ponctuelles parce qu'ils ont les yeux fixés sur l'Amérique du Nord, notamment sur des questions comme l'utilisation du charbon, ainsi que l'exploitation du pétrole et du gaz non classiques.




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