Les cours du pétrole coté à New York ont reculé jeudi pour la sixième séance de suite, pénalisés par la perspective d'un retour massif du brut libyen sur le marché mondial.

Le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en août a lâché 42 cents sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 104,06 dollars.

Le marché «réagit depuis deux jours à l'annonce de la réouverture de certains terminaux pétroliers libyens et, en conséquence, à l'anticipation d'une hausse importante de l'offre de brut dans les semaines à venir», a commenté l'analyste indépendant Andy Lipow.

Le chef du gouvernement intérimaire Abdallah Al-Theni a en effet déclaré mercredi soir «la fin de la crise pétrolière», après avoir pris le contrôle de deux ports encore bloqués par les rebelles dans l'est du pays.

Le chef des rebelles, Ibrahim al-Jadhran, a annoncé de son côté le déblocage des terminaux de Ras Lanouf (200.000 b/j) et al-Sedra (350.000 b/j).

«C'est la Libye, on a déjà été échaudé dans le passé par des promesses similaires qui ne se sont pas concrétisées. Mais si cette fois-ci elles se confirment, plus de 500.000 barils de pétrole par jour seront de retour sur le marché mondial, c'est un chiffre important», a souligné Robert Yawger de Mizuho Securities USA.

Les perturbations qui affectaient le secteur pétrolier libyen depuis un an ont provoqué une forte chute de la production du pays, par moment réduite à moins de 200 000 b/j, contre environ 1,5 million de b/j en temps normal.

Parallèlement en Irak, autre pays producteur de brut particulièrement surveillé par les opérateurs, «l'offre en provenance du sud du pays, d'où partent la grande majorité des exportations, n'a pour l'instant toujours pas été affectée», a souligné Andy Lipow.

Aussi «le marché est en train d'effacer la prime de risque associée à la crise irakienne», a commenté Robert Yawger: les cours avaient nettement grimpé juste après le début de l'offensive des insurgés sunnites menés par les jihadistes de l'État islamique (EI) le 9 juin.

Même si les combats entre les rebelles et les forces gouvernementales se poursuivaient jeudi sur le terrain, «cela ne fait plus les gros titres des journaux», a observé le spécialiste.

Les statistiques bien meilleures que prévu sur l'état du marché de l'emploi américain, qui se traduisent généralement par une hausse de la demande en carburant par les personnes se rendant à leur nouveau travail, n'ont pas suffi à faire remonter nettement les cours du brut.

Les autorités ont pourtant fait part d'une baisse surprise du taux du chômage en juin aux États unis à son plus bas niveau depuis près de six ans, à 6,1%, grâce notamment à des créations d'emplois bien plus fortes que prévu.