Source ID:; App Source:

Essence: sursaut précoce des prix à la pompe

En 2008, lorsque le prix du litre d'essence... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

Agrandir

En 2008, lorsque le prix du litre d'essence ordinaire était vendu à 1,50$, le prix du baril de pétrole brut était largement supérieur à son niveau actuel.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Presse

(Montréal) Comme chaque année, le retour du printemps provoque une remontée soudaine des prix à la pompe. Mais si le printemps 2014 est tardif, la hausse du prix de l'essence, elle, est plutôt précoce cette année.

Et c'est toute une augmentation! Le prix du litre d'essence a atteint 1,53$ hier à Montréal, en hausse de près de 10 cents par rapport à la veille. Une foule de facteurs peuvent expliquer cette nouvelle hausse du prix à la pompe, comme c'est toujours le cas. Mais le pourquoi d'un bond aussi soudain reste nébuleux, comme c'est toujours le cas aussi.

Le prix élevé du brut reste le principal facteur de la hausse des prix à la pompe, qui s'est fait sentir d'un bout à l'autre du Canada. Les prix actuels du brut sont trop élevés, compte tenu de l'état de l'économie mondiale et de l'ampleur de l'offre, estiment les observateurs.

«C'est surprenant, a commenté hier Carol Montreuil, porte-parole de l'Association canadienne des carburants. L'économie ne peut pas justifier des prix aussi élevés.»

«Les prix sont trop élevés», a aussi dit à Bloomberg le stratège Bill Baruch, de la firme iitrader.com de Chicago.

La baisse de la valeur du dollar canadien vient amplifier la hausse du prix du brut, qui s'achète et se vend en dollars américains. La devise canadienne a perdu 10% de sa valeur depuis le début de l'année, ce qui se traduit par une hausse équivalente des prix à la pompe.

Au Québec, le niveau élevé des taxes sur l'essence fait en sorte que c'est à Montréal que les prix à la pompe sont le plus élevés au Canada. La TPS et la TVQ sont des pourcentages qui s'appliquent à un prix de gros qui inclut déjà des taxes. À Montréal, les automobilistes doivent payer une taxe supplémentaire de trois cents par litre pour le financement du transport en commun.

Temporaire, ou pas

C'est la troisième fois depuis 2008 que les prix à la pompe enfoncent le seuil critique de 1,50$ au Québec. Les deux premières fois, en 2008 et en 2012, le pic de prix a été temporaire et suivi d'une glissade.

Ça pourrait être la même chose cette fois-ci, si les spécialistes ont raison de penser que le prix du brut ne pourra pas se maintenir à son niveau actuel.

À court terme toutefois, d'autres facteurs peuvent empêcher les prix de l'essence de baisser. Comme c'est le cas chaque printemps, la demande d'essence augmente parce qu'il y a plus d'automobilistes sur les routes.

Cette augmentation de la demande coïncide généralement avec une baisse de régime dans les raffineries, qui ajustent leur production en prévision de la saison estivale. Temporaire, cette variation dans l'offre de produits raffinés vient soutenir le prix de l'essence.

Enfin, la diminution du nombre de raffineries dans le nord-est du continent permet à celles qui restent d'augmenter leur marge de profit. «On remarque des hausses de marge importantes chez les raffineurs», a indiqué hier la porte-parole de l'Association québécoise des indépendants du pétrole, Sonia Marcotte.

Si le litre d'essence devait rester supérieur à 1,50$, doit-on s'attendre à un changement des habitudes des automobilistes? Jusqu'à maintenant, la hausse constante des prix à la pompe ne s'est pas traduite par une baisse des ventes d'essence, ni par une réduction du nombre de voitures sur les routes, au contraire.

«Quand le prix de l'essence augmente de façon importante, les habitudes changent, mais c'est temporaire», explique Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki.

Les concessionnaires de voitures électriques reçoivent plus d'appels, les automobilistes réduisent leur vitesse sur l'autoroute, mais on finit par s'habituer et on ne change rien à notre mode de vie, explique-t-il.

Selon lui, le problème tient en partie à l'absence de solution de rechange à l'automobile. «Même si on veut se passer de voiture, le transport collectif ne peut pas prendre la relève.»

Mais si le prix de l'essence continue d'augmenter, le jour viendra où l'on verra un changement, croit Karel Mayrand. «Ce que je vois comme scénario, peut-être dans 8 à 10 ans, c'est qu'il y aura plus de voitures électriques, les gens abandonneront leur deuxième ou leur troisième voiture ou choisiront de s'installer près du transport collectif, même si ça coûte plus cher.»

------------------

LE PRIX À LA POMPE EN DÉTAIL

Prix moyen affiché le 23 avril à Montréal: 1,515$

Prix du brut: 77,7 cents (52%)

Taxes: 51,9 cents (34%)

Marge de raffinage: 8,9 cents (6%)

Marge de détail: 12,6 cents (8%)

Source: Régie de l'énergie

----------------

LE COÛT DE L'ESSENCE DANS LE SUD DU QUÉBEC

Prix affichés depuis 36 heures

> Saint-Lin 1,349$/litre

> Kahnawake 1,379$/litre

> Mirabel 1,406$/litre

> Pierrefonds 1,414$/litre

> Longueuil 1,434$/litre

> LaSalle 1,539 $/litre

> Montréal (Rosemont) 1,539$/litre

> Montréal-Nord 1,554$/litre

> Laval (Sainte-Rose) 1,60$/litre

Source: GasBuddy.com (données affichées à la mi-journée hier)

Pour en savoir plus: www.gasbuddy.com




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer