Certains membres de l'Union européenne (UE) se montrent ouverts à repenser une directive projetée sur les carburants qui «discriminerait» contre le pétrole canadien, a affirmé mercredi le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver.

Martin Croteau LA PRESSE

Le ministre a poursuivi sa tournée européenne à Bruxelles dans l'espoir de convaincre les dirigeants européens de renoncer à imposer une nouvelle norme qui étiquettera le pétrole dérivé des sables bitumineux comme l'un des plus polluants du monde.

Cette politique ferait en sorte que le brut canadien serait taxé davantage s'il devait être exporté en Europe.

Joe Oliver martèle depuis des mois que cette directive aurait pour effet de «discriminer» contre le pétrole dérivé des sables bitumineux albertains.

Au fil de sa tournée, qui a débuté lundi, M. Oliver dit avoir eu plusieurs conversations «encourageantes» qui le portent à croire que les dirigeants de l'UE sont sensibles à ses arguments. Il n'a toutefois pas voulu préciser quels pays se montrent ouverts à changer d'avis.

«Je sais qu'au moins un pays est passé du camp du 'oui' au camp du 'non' et d'autres y réfléchissent beaucoup, a-t-il dit. Ce sont des sortes d'indications.»

Le Canada envisage de porter plainte à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si l'UE adopte la directive.

Al Gore

Le ministre a relancé la polémique initiée ce week-end par l'ancien vice-président américain, Al Gore. Celui-ci a affirmé que le boom pétrolier lié aux sables bitumineux va nuire au Canada en bout de ligne.

Cette industrie, a-t-il dit, «va ajouter au rejet imprudent de pollution dans l'atmosphère, comme si c'était un égout à ciel ouvert».

Après avoir accusé M. Gore d'avoir tenu des propos «inexacts» et «exagérés», M. Oliver a cette fois braqué ses canons sur le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, à qui il reproche d'avoir endossé les propos de M. Gore.

«En soutenant des étrangers qui attaquent le Canada, il travaille activement contre les intérêts du Canada», a dénoncé M. Oliver.

Plus de détails suivront...