Le cours de l'or a connu cette semaine de violentes fluctuations, grimpant fortement avant de plonger de 50 dollars en deux jours, dans un marché tiraillé entre les incertitudes sur la crise grecque, le plongeon des prix énergétiques et le renchérissement du dollar.

Julien Girault AGENCE FRANCE-PRESSE

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Soutenu par les incertitudes persistantes sur l'issue de la crise budgétaire en Grèce et les risques d'une contagion aux autres pays fragiles de la zone euro, le métal jaune a nettement progressé en début de semaine, se hissant mercredi à 1558,25 dollars l'once, son plus haut niveau depuis le 2 mai -- jour où il avait atteint son sommet historique de 1577,57 dollars.

«Le gouvernement grec n'a remporté (mardi) la confiance du Parlement qu'avec une marge très étroite, et le principal danger reste à venir, avec le vote par les parlementaires grecs du plan d'austérité, le 28 juin», a relevé Robin Bhar, analyste du Crédit Agricole CIB.

L'adoption de ce plan est la condition nécessaire pour le déblocage de la suite de l'aide internationale dont bénéficie Athènes.

Mais le prix de l'once d'or a ensuite dégringolé jeudi et vendredi, perdant près de 50 dollars et tombant vendredi à 1504,85 dollars, son plus bas niveau depuis un mois, pâtissant d'un net renchérissement du dollar et d'un soudain accès de nervosité des investisseurs.

«L'or a été entraîné par l'onde de choc, sur les marchés des matières premières, du plongeon des cours du pétrole», ont relevé les experts de Commerzbank.

La forte appréciation du dollar, face à un euro miné par la crise grecque, a accentué la tendance et pesé lourdement sur les cours de l'or, rendant moins attractifs les achats de métaux précieux libellés dans la monnaie américaine, pour les investisseurs détenant d'autres devises.

Par ailleurs, tout en révisant en baisse ses prévisions pour la croissance américaine, la Réserve fédérale américaine (Fed) a écarté mercredi de prolonger pour le moment son programme de rachats d'actifs, qui se terminera fin juin, «une perspective plutôt défavorable pour l'or», a souligné Andrey Kryuchenkov, de VTB Capital.

Ces injections massives de liquidités sur le marché, destinées à soutenir la reprise économique américaine, avaient contribué à alimenter jusqu'au printemps 2011 l'envolée des cours des matières premières, ces mesures les rendant plus rémunératrices aux yeux des investisseurs.

Cependant, «une baisse des prix de l'énergie (après la décision de l'AIE) et un ralentissement de l'inflation pourraient profiter à court terme à l'or, en repoussant encore la perspective d'un resserrement monétaire de la Fed» et laissant présager le maintien pour encore quelque temps de taux d'intérêts historiquement bas, a ajouté M. Kryuchenkov.

Sur le London Bullion Market, l'once d'or a terminé vendredi à 1514,75 dollars au fixing de l'après-midi contre 1537,50 une semaine auparavant.

ARGENT

Dans le sillage de l'or, l'argent a progressé nettement entre lundi et mercredi, avant de lâcher plus de 6% les deux jours suivants. «Il reste vulnérable aux accès de faiblesse de l'or ou des métaux industriels», a commenté Robin Bhar.

Le métal gris a terminé vendredi à 34,73 dollars l'once contre 35,39 dollars sept jours auparavant.

PLATINE/PALLADIUM

Les cours des métaux platinoïdes n'ont pas été épargnés par la défiance des investisseurs et la chute des autres métaux précieux, en dépit d'une demande physique toujours robuste en Chine, ont indiqué les experts du cabinet spécialisé Johnson Matthey.

Tirés vers le bas par le plongeon de l'or et l'appréciation du dollar, le platine est descendu vendredi à 1.676 dollars, son plus bas niveau depuis mi-mars, tandis que le palladium touchait 731 dollars l'once, un plus bas depuis un mois.

Sur le London Platinum and Palladium Market, l'once de platine a terminé vendredi à 1.696 dollars contre 1.829 dollars une semaine auparavant.

L'once de palladium a fini à 739 dollars contre 810 dollars sept jours plus tôt.