Le cours de l'or a légèrement progressé cette semaine, profitant de son statut de valeur refuge face à la tourmente de la crise grecque, tandis que l'argent et les métaux platinoïdes chutaient, pénalisés par leur caractère industriel et un net renchérissement du dollar.

Julien Girault AGENCE FRANCE-PRESSE

OR

Après s'être légèrement replié en début de semaine, «l'or a finalement rompu avec la tendance baissière des autres matières premières, les investisseurs se reportant vers les actifs jugés les plus sûrs», a noté James Moore, analyste de la société britannique Fast Markets.

Le métal jaune apparaît toujours comme la valeur refuge par excellence, alors que l'aggravation de la crise budgétaire en Grèce a ravivé le spectre d'un défaut de paiement du pays, susceptible de déstabliser le système bancaire européen et d'ébranler les autres pays fragiles de la zone euro.

«Le marché demeure extrêmement nerveux: non seulement il y a de grandes incertitudes sur l'issue de la crise grecque, mais les opérateurs regardent déjà vers l'Irlande ou l'Espagne», a confirmé Edward Meir, de MF Global. «Les investisseurs sont dans l'expectative, ils n'osent pas prendre de risque», a-t-il souligné.

Des indicateurs américains montrant un recul de l'activité manufacturière dans les régions de New York et de Philadelphie n'étaient pas de nature à conforter la confiance des opérateurs, pas plus que l'annonce d'une hausse de l'inflation aux États-Unis en mai.

Très supérieure aux attentes, elle a atteint 3,6% en glissement annuel, son plus fort niveau depuis octobre 2008. Or, l'or est considéré traditionnellement comme un bon bouclier pour se préserver des tendances inflationnistes.

La prudence du marché a ainsi permis au métal jaune de finalement faire fi du fort renchérissement du dollar face à un euro sous pression, qui rendait moins attractif l'achat de matières premières libellées dans la monnaie américaine, comme c'est le cas pour les métaux précieux.

Cependant, l'or évolue depuis mi-mai dans une étroite fourchette, comprise entre 1500$ et 1550$ dont il peine à sortir.

«Le marché stagne... Cela contraste avec ce qui s'était passé il y a un an, quand l'affolement sur les dettes souveraines en Europe avait fait s'envoler le cours de l'or», rappelaient les experts de Deutsche Bank, notant que les flux d'investissements «sont jusqu'à présent resté relativement modérés».

Par ailleurs, la progression des prix du métal jaune cette semaine a pu être limitée par un nouveau resserrement monétaire de la Banque centrale indienne, qui a relevé son taux directeur pour la 10e fois en 16 mois afin de contrer une inflation galopante.

«Cela pourrait peser sur la demande locale», alors que l'Inde est le premier consommateur mondiale d'or, avertissaient les analystes de Commerzbank.

Sur le London Bullion Market, l'once d'or a terminé vendredi à 1537,50$ à la fermeture contre 1529,25$ une semaine auparavant.

ARGENT

Le cours de l'argent, de son côté, a lâché plus de 5% sur la semaine, à l'unisson des prix des métaux industriels, plombé comme eux par la défiance générale des marchés et la hausse du dollar.

Le métal gris a terminé vendredi à 35,39$ l'once contre 37,38$ sept jours auparavant.

PLATINE/PALLADIUM

Les cours des métaux platinoïdes n'ont pas été épargnés par la tempête grecque qui a balayé les marchés, dégringolant de 7% pour le palladium et de plus de 4% pour le platine.

«Des nouvelles négatives de l'industrie automobile (principal débouché des platinoïdes, ndlr), avec un avertissement sur bénéfices du (constructeur japonais) Honda, ont miné encore davantage la confiance des opérateurs, tout comme les indicateurs manufacturiers médiocres aux Etats-Unis», a relevé le cabinet londonien spécialisé Johnson Matthey

Sur le London Platinum and Palladium Market, l'once de platine a terminé vendredi à 1751$ contre 1829$ une semaine auparavant.

L'once de palladium a fini à 754$ contre 810$ sept jours plus tôt.