L'Église luthérienne de Norvège s'est élevée mercredi contre l'exploitation des sables bitumineux au Canada, projetée par Statoil, jugeant le prix de ces hydrocarbures «trop élevé pour le climat, l'environnement et les populations autochtones».

Publié le 30 mars 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Religion d'État dans un pays qui figure au cinquième rang des exportations de pétrole au monde, l'Église luthérienne a lancé un appel aux actionnaires de Statoil les invitant à faire pression sur le géant norvégien pour qu'il se retire du secteur controversé des sables bitumineux.

Confronté à un amenuisement de ses ressources de pétrole conventionnel en mer du Nord, Statoil a entrepris de se diversifier à l'international, en rachetant notamment le canadien North American Oil Sands Corporation en 2007.

«Statoil a tort d'accroître ses revenus aux dépens de populations qui n'ont pas voix au chapitre dans cette affaire», a estimé Berit Hagen Agoey, secrétaire générale du Conseil oecuménique de l'Église, dans un communiqué.

Mme Hagen Agoey a aussi déploré que l'État norvégien, qui contrôle 67% de Statoil, puisse s'enrichir grâce aux projets du groupe dans les sables bitumineux canadiens.

«En tant qu'État riche, il est indéfendable d'un point de vue éthique d'augmenter notre bien-être quand on sait que des personnes vulnérables pâtissent des conséquences» de l'exploitation des sables bitumineux, a-t-elle ajouté.

«Il est temps que le gouvernement prenne ces choses sérieusement et qu'il utilise son pouvoir d'actionnaire à la prochaine assemblée générale pour faire en sorte que Statoil se retire totalement des projets de sables bitumineux», a-t-elle précisé.

Selon l'Église, l'exploitation de ces hydrocarbures «détruit d'énormes espaces naturels et relâche des substances toxiques qui polluent l'eau potable et rendent les hommes, les animaux et les poissons malades».

Les sables bitumineux sont aussi accusés de contribuer bien davantage au réchauffement climatique que le pétrole conventionnel.