Dans son budget présenté jeudi, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a mis 279 millions de dollars sur la table pour prolonger la route 167 jusqu'au coeur des monts Otish. Le chantier démarrera l'été prochain et ouvrira un accès routier pour au moins quatre projets miniers dans cette région riche en ressources.

Publié le 19 mars 2011
Hugo Fontaine LA PRESSE



«Ça ne va pas bien, ça va très bien», dit Ghislain Poirier au bout du fil. M. Poirier est vice-président aux affaires publiques de Stornoway Diamond Corporation (SWY sur le TSX), qui met en valeur un projet de diamant au nord des monts Otish. «Sans la route, il n'y avait pas de projet possible», affirme M. Poirier.

La route 167 passe par Chibougamau et Mistissini, puis s'arrête au bord du lac Albanel, plus au nord. Le gouvernement s'était déjà engagé à prolonger la route à travers les monts Otish, mais n'avait pas encore commis d'argent ni spécifié la date de commencement des travaux. C'est maintenant chose faite.

Une route d'hiver permet actuellement de rejoindre le projet uranifère Matoush, de Ressources Strateco (RSC), puis le projet de relance de la mine d'or Eastmain, d'Eastmain Resources (ER). Mais aucun accès terrestre n'existe jusqu'au projet de Stornoway, appelé Renard.

À l'étape de l'exploration, c'est tolérable. «Mais on ne construit pas une mine avec un avion, lance Ghislain Poirier. Le développement de notre projet est très dépendant de cette route-là. Maintenant, on va pouvoir arrimer ça correctement. Pour amorcer la construction, l'important est d'avoir un accès au moins hivernal en 2013.»

Stornoway utilisera la route pour la construction de la mine, puis pour y acheminer des biens et services. Dans une éventuelle phase de production, les diamants seront expédiés par hélicoptère.

Mais Western Troy Capital Resources (WRY au TSX Croissance) pourrait aussi avoir besoin de la route pour expédier le concentré de molybdène et de cuivre qu'elle compte tirer de son projet MacLeod Lake, à 70 kilomètres de l'éventuel tracé. Ne restera plus qu'à bâtir le tronçon de la mine jusqu'à la route, une affaire de 14 millions.

Le nouveau tronçon en gravier de la route 167 s'étendra sur 260 kilomètres. Les utilisateurs seront appelés à contribuer financièrement à son développement. Stornoway négocie actuellement avec Québec les modalités et l'ampleur de cette contribution. «L'idée que les utilisateurs industriels paient une juste part, on ne s'oppose pas à ça», souligne Ghislain Poirier.