Les pourparlers entre les Innus de Sept-Îles et le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador autour des projets miniers de la région de Schefferville enregistrent des «progrès surprenants», indique à La Presse Affaires l'avocat de la communauté autochtone.

Publié le 14 déc. 2010
Hugo Fontaine LA PRESSE

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L'été dernier, le gouvernement de Terre-Neuve a délivré des permis de construction à la société Labrador Iron Mines (LIM), qui met en valeur un projet de mine de fer près de Schefferville, mais dans le territoire labradorien. Or, les Innus de Sept-Îles (Uashat mak Mani-Utenam) soutiennent qu'ils auraient dû être consultés avant la délivrance des permis, puisque le territoire traditionnel qu'ils partagent avec les Innus de Schefferville (Matimekush-Lac-John) dépasse largement les frontières du Québec et s'étend sur toute la partie ouest du Labrador.

La communauté a lancé des procédures judiciaires contre le gouvernement terre-neuvien pour contester l'émission des permis. En parallèle, les deux parties ont amorcé des discussions pour régler leurs différends qui touchent aussi la gestion des caribous et le projet hydroélectrique du Bas-Churchill.

La semaine dernière, des représentants des Innus ont fait le voyage à St-John's pour poursuivre les pourparlers, notamment en compagnie du plus haut fonctionnaire de la province, le secrétaire du conseil exécutif, Robert Thompson. «On ne peut pas se plaindre de la réception qu'on a eue là-bas» souligne l'avocat principal des Innus, James O'Reilly.

M. O'Reilly constate que la relation entre les deux parties s'améliore et que les discussions progressent mieux. «Je ne peux pas dire que c'est le jour et la nuit, mais nous étions auparavant dans la noirceur totale et nous commençons maintenant à voir un peu de lumière», constate M. O'Reilly.

Dans le cas de Labrador Iron Mines, Terre-Neuve a exigé que 80% des emplois et 80% des contrats reviennent à des habitants ou des entreprises de la province, une règle qui ne plaît pas aux Innus du Québec. Cela pourrait être revu dans le cas du projet de New Millenium, dont le projet DSO est situé dans la même région, mais dans les deux provinces.

«Nous avons discuté d'une autre façon de faire sur laquelle je ne peux donner plus de détails, dit Me O'Reilly. Nos interlocuteurs sont conscients qu'il faudrait une meilleure répartition, mais ils tiennent au principe de prioriser les gens ou les entreprises de Terre-Neuve. On étudie des compromis possibles.»

New Millenium

Le projet de New Millenium devrait entrer en production en 2012. «Terre-Neuve souhaite qu'il y ait une entente sur les répercussions et avantages entre les Innus et New Millenium avant la délivrance des permis, explique James O'Reilly à ce propos. Mais il ne va pas jusqu'à exiger le consentement des Innus de Sept-Îles, comme nous le souhaitions.»

Le projet DSO créera 220 emplois directs. Mais il pourrait précéder deux mégaprojets comptant des réserves près de 100 fois plus importantes.

La poursuite des Innus contre Terre-Neuve doit être traitée en cour au mois de février. Les Innus demandent l'annulation des permis du projet de LIM.