Le milliardaire américain Warren Buffett, qui avait soutenu la campagne présidentielle de Barack Obama, rend grâce à l'action du gouvernement américain contre la crise économique dans un éditorial publié mercredi dans le New York Times.

Publié le 17 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Cher Oncle Sam», comme l'on surnomme aux États-Unis le gouvernement américain, «ma mère m'a appris à envoyer des mots de remerciement rapidement. J'ai un peu tardé», commence l'investisseur le plus respecté et le plus riche du pays, à la tête d'une fortune estimée à environ 47 milliards de dollars.

«Il y a un peu plus de deux ans, en septembre 2008, notre pays faisait face à un effondrement économique», rappelle-t-il, énumérant la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers, la faillite frôlée par l'assureur AIG et les organismes de refinancement hypothécaire semi-publics Fannie Mae et Freddie Mac.

Il souligne que «plusieurs de nos plus grandes sociétés industrielles», qui dépendaient pour se financer d'un marché du crédit complètement paralysé, «n'étaient qu'à quelques semaines d'un épuisement de leurs réserves de liquidités», et que «300 millions d'américains étaient menacés par ce jeu de domino».

«Une force de destruction économique comme on n'en avait pas vu depuis des générations était en cours», et il n'y avait «qu'une seule force contraire possible, vous, Oncle Sam».

«Dans l'ensemble, vos actions ont été remarquablement efficaces», même si elles ont pu sembler «maladroites et parfois ineptes», poursuit le patron de Berkshire Hathaway, le holding qui gère ses actifs.

«Vous avez été critiqué, Oncle Sam, pour certaines actions qui nous ont menés à cette situation, particulièrement le fait de ne pas avoir lutté contre le pourrissement du marché immobilier. Mais vos critiques n'ont souvent pas été plus clairvoyants», argumente-t-il.

«Au milieu de l'urgence extrême, vous étiez là, et le monde serait bien différent si vous ne l'aviez pas été», a-t-il conclu.