Les principales économies mondiales se sont réunies lundi à Washington pour trouver des moyens de s'entendre sur un passage à l'énergie propre, alors que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) appelle à des «changements majeurs».

Shaun Tandon AGENCE FRANCE-PRESSE

Les ministres de l'Énergie et hauts responsables de 21 pays se sont rassemblés à Washington à l'invitation de l'administration du président américain Barack Obama.

Le sommet prévu sur deux jours, lundi et mardi, devrait être l'occasion pour les principales économies mondiales qui produisent 80% du PIB mondial, d'annoncer des initiatives conjointes.

Cette réunion intervient alors que les États-Unis tentent de maîtriser définitivement la marée noire survenue après l'explosion en avril d'une plateforme exploitée par BP dans le golfe du Mexique, le pire désastre écologique de leur histoire.

«Sans changements majeurs dans la façon dont nous produisons et nous utilisons l'énergie, nous allons faire face à d'importants risques pour notre sécurité énergétique commune, et l'avenir de l'environnement», a déclaré lundi aux délégués Nobuo Tanaka, le directeur de l'AIE.

«En effet, l'accident de la plateforme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique est une tragique piqûre de rappel», a-t-il dit.

L'AIE, un organisme de conseil international sur l'énergie, a estimé dans une étude récente que sans passage des énergies fossiles aux énergies propres, les émissions de dioxyde de carbone -considérées comme responsables du réchauffement climatique- doubleront presque d'ici à 2050.

L'AIE a assuré que le fait de transformer en véhicules écologiques la moitié des véhicules léger d'ici à 2050 ferait économiser aux consommateurs mondiaux 112 000 milliards de dollars, bien que le coût d'une telle transformation serait de 46 000 milliards de dollars.

«Nous avons toujours de formidables défis devant nous, mais chaque jour que nous attendons, ils deviennent plus difficiles. Chaque année de retard ajoute 500 milliards de dollars au coût de l'action», a ajouté M. Tanaka.

Les négociations sur un successeur au protocole de Kyoto, sur les émissions de gaz à effet de serre, qui arrive à expiration à la fin de 2012, ont été entravées par des disputes sur la part qu'il convient de demander aux économies émergentes comme la Chine ou l'Inde.

L'énergie propre a été considérée comme un domaine d'intérêt commun. Le président Barack Obama a signé un plan de cinq ans et 150 millions de dollars l'an dernier au cours d'un voyage en Chine, pour la coopération avec Pékin notamment en matière de véhicule électrique.

«L'objectif ici n'est pas de discuter de ce sur quoi nous pourrions être d'accord», a dit le secrétaire américain à l'énergie Steven Chu. «Notre objectif ici est d'agir», a-t-il affirmé.

L'administration Obama a souvent déploré que les États-Unis soient en retard par rapport à de nombreux pays européens et asiatiques sur le développement de technologies vertes.

Parmi les domaines qui seront abordés, les participants évoqueront les normes d'efficacité énergétique, l'énergie solaire et éolienne, et les moyens de fournir de l'énergie à ceux qui n'en ont pas.

Les pays qui participeront à ce sommet sont les suivants: Australie, Brésil, Grande-Bretagne, Canada, Chine, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Mexique, Norvège, Russie, Corée du sud, Espagne, Afrique du Sud, Suède, Émirats arabes unis, États-Unis.

L'Union européenne est également présente.