Le producteur d'énergie Boralex pourrait être forcé d'ajouter un peu de miel sur son offre de rachat des parts du Fonds de revenu Boralex pour que la transaction se réalise.

Hélène Baril LA PRESSE

Les porteurs de parts du Fonds de revenu boudent la proposition de Boralex, qui a dû annoncer hier une prolongation jusqu'au 12 juillet du délai accordé pour accepter son offre.

Seulement 41,3% des parts ont été déposées, en incluant les 23% déjà propriétés de Boralex. L'entreprise a besoin de 66 2/3% des parts du Fonds de revenu pour en réussir l'acquisition.

Boralex a offert d'échanger chaque part du Fonds de revenu contre une débenture de 5$ assortie d'un taux d'intérêt de 6,25% jusqu'en 2017. Ces débentures pourront être échangées en actions de Boralex à 17$ l'action. Le titre de Boralex valait hier 7,84$, en baisse de 44 cents comparativement à la veille.

Cette proposition a reçu un accueil plutôt froid des gros porteurs de parts. L'un d'eux, O'Leary Funds Management, qui contrôle 5,67% des parts du Fonds de revenu Boralex Énergie, a déjà fait savoir qu'il juge l'offre de Boralex insuffisante et qu'il ne déposera pas ses parts.

Aucune autre offre concurrente n'a été déposée et la direction de Boralex a fait savoir hier qu'il n'était pas question de bonifier son offre, malgré l'opposition exprimée par certains investisseurs. «C'est leur opinion. Nous, on connaît bien ces actifs-là et on pense qu'on a fait la meilleure offre dans la situation, a réitéré la porte-parole de l'entreprise, Patricia Lemaire. On a confiance en notre proposition».

Mais les analystes de Canaccord Genuity continuent de recommander aux porteurs de parts du Fonds de revenus de ne pas accepter l'offre de Boralex. «Même si l'entreprise dit qu'elle n'a pas l'intention de modifier ou d'améliorer son offre (...) une bonification de la débenture ou une augmentation de sa valeur de 5$ pourrait être nécessaire pour que la transaction réussisse», estime l'analyste Bob Hastings.

Le Fonds de revenu Boralex Énergie exploite sept centrales hydroélectriques, deux centrales aux résidus de bois et une centrale au gaz naturel, dont la capacité de production totale est de 190 mégawatts.

Après l'annonce de son offre d'achat du Fonds de revenu, la direction de Boralex avait souligné que cette acquisition contribuerait à améliorer la rentabilité de l'entreprise dès sa conclusion.

C'est précisément pour cette raison que des investisseurs comme O'Leary Funds Management croient que l'offre qui leur est faite est insuffisante. «Nous croyons que les investisseurs du Fonds peuvent tirer une plus grande valeur d'un processus ouvert de vente d'actifs», assure le chef de la direction de O'Leary, Connor O'Brien.