Les cours du café ont atteint cette semaine des sommets plus franchis depuis 12 ans à New York, les acheteurs étant électrisés par la maigreur des réserves, tandis que le sucre et le cacao grimpaient à la faveur de tensions sur les approvisionnements.

Delphine Dechaux AGENCE FRANCE-PRESSE

CACAO

Les cours de la fève brune ont rebondi sur le marché de New York à des niveaux plus vus depuis près de deux mois.

Le contrat de septembre échangé à New York a atteint 3130$ la tonne, un niveau plus vu depuis début mai.

Aidés par le franchissement de seuils techniques, «les cours ont trouvé un soutien dans les conditions d'extrême humidité dans les plantations de Côte d'Ivoire», explique la revue spécialisée Public Ledger.

«Des problèmes de production ayant des causes profondes vont continuer à soutenir les cours», prédit Kona Haque, de la banque Macquarie.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de cacao pour livraison en septembre cotait 2492 livres sterling vendredi à 15H30 GMT contre 2326 livres pour l'échéance juillet vendredi dernier à la même heure.

Sur le NYBoT-ICE US, le contrat pour livraison en septembre valait 3119$ contre 2956$ la tonne une semaine plus tôt.CAFÉ

Le café arabica a atteint des sommets depuis 12 ans à New York, en raison de fortes tensions sur l'offre.

«Le marché de l'arabica est très tendu, à cause d'un déficit de récoltes dans les Amériques», expliquait Eugen Weinberg, analyste chez Commerzbank.

Les stocks de café détenus dans les entrepôts américains sont à leur niveau le plus bas depuis 2002.

Dans ce contexte, les fonds d'investissements actifs sur le marché ont été victimes d'un «squeeze», qui a accentué la hausse des cours, précise un article du quotidien Financial Times: confrontés à une pénurie de café et n'étant pas en mesure d'en acheter physiquement, les acteurs spéculatifs du marché ont été contraints d'en racheter des contrats à terme au prix fort.

Ces craintes sur la disponibilité du café ont «pris le dessus sur l'attente d'une récolte record au Brésil», notait Sudakshina Unnikrishnan, de Barclays Capital.

À New York, les cours de l'arabica pour livraison en septembre, le contrat qui sert actuellement de référence, ont grimpé jeudi jusqu'à 176,50$ la livre, leur niveau le plus élevé depuis février 1998.

Sur le Liffe de Londres, le robusta pour livraison en septembre valait 1667$ la tonne vendredi à 15H30 GMT, contre 1560$ pour la même échéance vendredi dernier.

Sur le NYBoT-ICE US, l'arabica pour livraison en juillet cotait 167,30 cents la livre contre 160,55 cents la livre une semaine plus tôt.

SUCRE

Les cours du sucre ont aligné une nouvelle semaine de rebond et touché des niveaux plus vus depuis la mi-avril, sur fond de tensions persistantes sur les approvisionnements.

Les prix du sucre raffiné sont remontés jusqu'à 546,60 livres la tonne à Londres et 17,10 cents la livre à New York, renouant avec leur niveaux de la mi-avril. Dégringolant de niveaux records atteints en fin d'année, les cours s'étaient effondrés début mai jusqu'à respectivement 421,20 livres la tonne et 13 cents, des plus bas depuis environ un an.

Ainsi, les cours du sucre «ont traversé une sorte de convalescence et le patient s'est peut-être stabilisé», notaient les analystes de la banque Fortis.

Selon eux, «le marché du sucre sera tendu en Inde pour l'essentiel de la saison 2010-2011», avec des tensions qui devraient s'accentuer fin 2011.

«À très court terme, les prix pourraient s'installer dans la fourchette des 15-17 cents, car la demande d'importateurs clés refait surfance en Asie du Sud, du Sud-est et au Moyen-Orient, à l'approche du Ramadan et d'autres festivals», ajoute Mme Haque.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en août valait 542,80 livres vendredi vers 15H30 GMT contre 501 livres la tonne pour la même échéance vendredi dernier.

Sur le NYBoT-ICE américain, la livre de sucre brut pour livraison en juillet valait 16,25 cents, contre 15,36 cents une semaine plus tôt.