Après avoir lancé les travaux de La Romaine, Hydro-Québec obtient maintenant le débouché espéré pour cette énergie supplémentaire. Le principe du projet de construction d'une nouvelle interconnexion entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre vient d'être approuvé par le gouvernement américain.

Hélène Baril
Hélène Baril LA PRESSE

Cette interconnexion qui reliera la ligne Nicolet-Des Cantons et le sud de l'État du New Hampshire permettrait à Hydro-Québec de doubler ses exportations vers la Nouvelle-Angleterre.

La Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a approuvé hier la structure de financement du projet soumis par Hydro-Québec et ses deux partenaires américains, Northeast Utilities et NStar. «Le projet devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 4 à 6 millions de tonnes par année en remplaçant le gaz naturel pour la production d'électricité», a souligné la régie de l'énergie des États-Unis.

Selon son président, John Wellinghoff, le projet offre aux consommateurs d'une région qui manque d'électricité un accès à une énergie «propre et pas chère».

La nouvelle interconnexion devrait coûter entre 700 millions US et 1 milliardUS, qui seront assumés par les trois partenaires. Par conséquent, la nouvelle interconnexion ne devrait pas faire augmenter les tarifs d'électricité des consommateurs qu'elle desservira. Cette structure de financement est une nouvelle façon de procéder parce que, jusqu'à maintenant, les promoteurs pouvaient se faire rembourser l'investissement requis par les consommateurs d'électricité.

Le nouveau lien pourra faire transiter 1200 mégawatts de plus du Québec vers les marchés de la Nouvelle-Angleterre, soit deux fois plus qu'actuellement. Sa construction pourrait commencer en 2011 et les premières livraisons d'énergie sont prévues pour 2014.

Selon Hydro-Québec, la décision de la FERC n'est qu'une première étape dans la réalisation du projet. Hydro-Québec et ses partenaires américains peuvent maintenant s'asseoir pour négocier les droits de transport et un contrat d'approvisionnement à long terme, a expliqué une porte-parole d'Hydro, Flavie Côté.

Les parties espèrent conclure un contrat d'approvisionnement d'une durée de 20 ou 25 ans.

Si le projet se réalise, cette interconnexion sera la première à être construite dans le nord-est des États-Unis depuis 20 ans. En plus d'exiger des investissements considérables, ce genre d'infrastructures suscite généralement une levée de boucliers dans les communautés riveraines.

Un autre projet de ligne de transport, le New York Regional Interconnect, vient d'être abandonné par ses promoteurs parmi lesquels se trouvait Borealis, filiale de la caisse de retraite canadienne OMERS.