Les prix du pétrole terminent la semaine sur un gain de quelque 7 $ vendredi lors des échanges européens, dopés par un dollar affaibli et l'espoir que le marché va se resserrer grâce aux décisions de l' Organisation des pays exportateurs de pétrole.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers 13h, heure de Montréal, sur l'InterContinental Exchange de Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai s'affichait en hausse de 19 cents à 50,86 $ US le baril.À New York, le baril de light sweet crude pour livraison en avril, dernier jour de cotation de ce contrat, perdait lui 4 cents à 51,57 $. Durant les échanges, le pétrole a grimpé jusqu'à 52,13 $, un plus haut depuis le 28 novembre.

L'or noir achevait la semaine sur un bond de 6,80 $ environ à Londres et de 7,65 $ à New York. Son cours a été dopé par l'intervention jeudi de la banque centrale américaine (Fed) qui a provoqué un fort recul du dollar.

Conséquence de l'annonce d'une intervention massive de la Réserve fédérale américaine, par le rachat d'obligations et de titres adossés à l'immobilier pour plus de 1000 milliards, le dollar a fortement reculé jeudi. Il est tombé jusqu'à 1,3738 $, son niveau le plus faible face à la devise européenne depuis le 9 janvier.

Son affaiblissement encourage les investisseurs à acheter des matières premières vendues en dollars, comme le pétrole.

En outre, «la combinaison des fortes baisses de production appliquées par l'OPEP ces derniers mois et d'une détérioration des perspectives pour la production non-OPEP signifie qu'il y aura moins d'offre» de brut au deuxième trimestre 2009, a souligné Francisco Blanch, analyste chez Merrill Lynch, qui a remonté de 2 $, à 52 $ en hausse son pronostic de prix sur cette période.

Les cours du brut profitent de signes de rééquilibrage entre l'offre et la demande, essentiellement sous l'effet des actions de l'OPEP. Ses membres continuent à réduire leur production pour respecter entièrement les décisions prises à la fin de 2008 (des baisses de production totalisant 4,2 millions de barils par jour), comme ils s'y sont engagés lors de leur réunion à Vienne dimanche. Dans les faits, cela revient à baisser de 800 000 barils par jour (le surplus par rapport aux quotas) la production.

«Les réductions de décembre continuent à faire leur chemin dans le système», a constaté Oil Movement, un cabinet qui évalue la production de l'OPEP en se basant sur l'activité des pétroliers dans les ports.

«À moins que le déclin de la consommation ne soit plus sévère qu'on ne le prévoie, une baisse des stocks devrait s'amorcer au printemps et se poursuivre cet été», ajoutent ses experts.

Les analystes du cabinet viennois JBC Energy citaient d'autres facteurs de nature à raffermir les cours, comme «la décrue des stocks de brut entreposés en mer, les raffineurs qui se préparent à la driving season -- période estivale où les Américains prennent beaucoup le volant -- ainsi que les craintes sur l'inflation».

«Le nouvel optimisme qui règne chez les opérateurs pourrait être mis à l'épreuve si le dollar se redressait», objectait toutefois Brenda Sullivan, de la maison de courtage Sucden.

Signe que l'excédent de pétrole qui engorgeait le marché fin 2008 n'a pas encore été éliminé, le niveau des réserves pétrolières reste très élevé aux États-Unis. La semaine dernière, les réserves de brut et d'essence ont progressé de respectivement 2 et 3,2 millions de barils (mb), davantage que ne s'y attendait le marché.