Hydro-Québec est déjà à pied d'oeuvre pour augmenter sa capacité de production, mais elle devra en faire davantage, à la demande du gouvernement.

Hélène Baril
Hélène Baril LA PRESSE

Dans son effort pour relancer l'économie québécoise, le gouvernement Charest a commandé à Hydro 3500 nouveaux mégawatts d'électricité, qui s'ajoutent aux 4500 mégawatts supplémentaires déjà prévus dans sa stratégie énergétique.

 

Environ 20% de cette énergie supplémentaire, soit 700 mégawatts, devra provenir de source éolienne. Le reste, ou 2800 mégawatts, viendra des territoires encore vierges du Grand Nord québécois.

«On estime qu'il y a un potentiel de 15 000 à 20 000 mégawatts à développer dans le nord, a précisé à La Presse le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard. On va commencer par 2800 pour une mise en service après 2015.»

Selon le ministre, le développement hydroélectrique du Grand Nord sera différent de celui qui a été réalisé jusqu'ici. Il ne sera plus justifié seulement sur par le coût par kilowattheure, mais également par les perspectives qu'il offre à d'autres activités économique.

«Un projet qui coûte 1 cent ou 2 de plus au kilowattheure pourra se réaliser s'il profite en même temps à l'industrie minière ou récréotouristique, a illustré Claude Béchard. C'est ce qu'on appelle du développement intégré des ressources.»

La participation d'Hydro-Québec à ce qui est connu comme le Plan Nord du gouvernement Charest mise évidement sur une hausse des ventes d'énergie sur les marchés hors-Québec.

Le ministre Béchard se prépare à faire la tournée des acheteurs potentiels pour cette énergie supplémentaire en Nouvelle-Angleterre, dans l'État de New York et en Ontario.

Selon lui, le but n'est pas de mettre la main sur les crédits accordés pour le développement renouvelable par les marchés voisins. Hydro n'en a pas besoin pour être concurrentiel, a-t-il dit. Mais si l'hydroélectricité du Québec était considérée comme une énergie verte par les Américains, ce serait plus facile d'en vendre, a-t-il laissé entendre.

Hydro-Québec dépensera cette année 4 milliards, principalement pour augmenter sa capacité de production. Ses investissements devraient atteindre 4,9 milliards en 2009-2010 et 5,2 milliards l'année d'après.