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Questions pour un patron: rendre l'ONF plus visible

Le président de l'ONF, Claude Joli-Coeur, aimerait améliorer... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Le président de l'ONF, Claude Joli-Coeur, aimerait améliorer les liens de son organisme avec le public.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse Affaires donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque semaine, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite.

Claude Joli-Coeur, président de l'Office national du film (ONF), répond aujourd'hui aux questions de David Bensadoun, président d'Aldo Amérique du Nord et d'Aldo Produits et services. 

Lorsque vous pensez à tout ce qui a été fait à l'ONF au cours des dernières années, de quoi êtes-vous le plus fier ?

De l'accessibilité qu'on a donnée à nos grands classiques comme à nos productions récentes par notre virage numérique en créant ONF.ca. On a accès gratuitement à plus de 3000 films. On a vraiment été des précurseurs en le créant en 2009. Depuis le lancement, on a eu plus de 80 millions de films qui ont été visionnés.

Ensuite, c'est la parité hommes-femmes. Je me suis engagé récemment à ce que d'ici 2019, la moitié de nos films soient réalisés par des femmes et la moitié de nos budgets soient alloués à des films produits par des femmes.

Nommez-moi une chose essentielle que tous les Canadiens devraient savoir sur l'ONF, mais qu'ils ne savent pas.

Je rencontre encore trop souvent des gens qui me demandent où ils peuvent voir nos films. S'il y a une chose que je voudrais que les Canadiens retiennent, c'est qu'en tapant trois lettres sur leur clavier, ils peuvent arriver dans un univers de plus de 3000 films, où ils vont pouvoir se faire porter autant en animation qu'en documentaire, voir de la fiction et des productions très innovantes.

Je veux aussi qu'ils sachent qu'on a développé le portail Campus, qui est accessible à tous les professeurs à travers le pays. On y retrouve des ressources pédagogiques et tout le contenu est lié au programme des écoles.

Pris sur une île déserte, vous ne pouvez regarder que trois films. Lesquels choisissez-vous ?

Le premier, c'est Cinéma Paradiso, le très touchant film de Giuseppe Tornatore avec Philippe Noiret et Jacques Perrin. Cette relation dans un petit village d'Italie entre le projectionniste et le jeune garçon est tellement une belle illustration du pouvoir du cinéma dans nos vies. Sur une île déserte, je le reverrais avec plaisir.

Le deuxième, c'est un documentaire qui s'appelle My Architect. Le film est sur Louis Kahn, considéré comme l'un des plus grands architectes du XXsiècle. C'est une histoire bouleversante, parce qu'il avait une double vie. Il vivait à Philadelphie, était marié et avait des enfants, mais il avait aussi une autre famille. Le cinéaste, Nathaniel Kahn, vient de cette famille parallèle et a réussi à faire le portrait de son père à la fois comme artiste et comme homme à la vie sentimentale très complexe.

Le troisième, c'est un film de l'ONF. Un très, très beau film de Luc Bourdon qui s'appelle La mémoire des anges. Le réalisateur a fabriqué le film à partir d'extraits de 120 films de l'ONF qui ont été tournés à Montréal. De ça, il a fait un portrait de Montréal des années 40 à l'Expo 67. Comme j'adore la ville, si j'étais sur une île déserte, ce serait un réconfort.

Quel documentaire de 2015-2016 vous a impressionné au point que vous auriez souhaité qu'il soit produit par l'ONF ?

Je vais un peu tricher. Je vais remonter à un film qui date de 2011, celui de Wim Wenders sur la danseuse Pina Bausch. Le film a été présenté à Montréal et il a eu une carrière internationale exceptionnelle. Pina a tous les attributs pour nous inspirer : Wenders l'a fait en 3D, de façon très sobre, et il a mis tout son talent de cinéaste dans ce documentaire où il a été innovant autant du côté du récit que de la forme. Ça a aussi rendu accessible au grand public le travail d'une artiste de niche.

Quel sera le plus grand défi de l'ONF au cours des cinq prochaines années ?

C'est notre lien avec le public. On produit chaque année plus de 50 oeuvres. J'ai accordé beaucoup d'importance durant mon mandat à l'accessibilité et au lien avec les Canadiens. Il y a toutes sortes de déclinaisons : l'internet, les projections publiques, les projections à l'école, nos films diffusés à la télévision. Notre déménagement dans le Quartier des spectacles, prévu pour la fin de 2017 ou le début de 2018, sera une occasion d'avoir un contact non seulement avec les Montréalais, mais aussi avec tous les visiteurs d'ailleurs. Tout le rez-de-chaussée qui donnera sur la place des Festivals va être occupé par un espace public de l'ONF.

Le parcours de Claude Joli-Coeur en bref

Âge : 60 ans

Études : Claude Joli-Coeur est diplômé en droit de l'Université de Montréal et membre du Barreau du Québec depuis 1979.

Président depuis : novembre 2014

Nombre d'employés : 400

Avant de diriger l'ONF : Il a exercé au sein des cabinets d'avocats Langlois Drouin et Lafleur Brown avant d'être directeur des affaires commerciales ou juridiques chez Astral, TVA et Zone 3. À l'ONF, il a aussi occupé le poste de commissaire adjoint.




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