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Questions pour un patron: de concert avec la communauté

Madeleine Careau est chef de la direction à... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Madeleine Careau est chef de la direction à l'Orchestre symphonique de Montréal.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque semaine, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Madeleine Careau, chef de la direction à l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), répond aujourd'hui aux questions de Pierre Lapointe, président et chef de la direction d'ArcelorMittal Exploitation minière Canada.

La musique classique semble souvent s'adresser à un public restreint de mélomanes. Quelle approche prenez-vous pour augmenter votre public cible ?

Elle s'adressait à un public restreint. Aujourd'hui, avec le streaming et le web, le public change. On a plus de 1000 abonnés de 34 ans et moins. Ils viennent ici parce qu'ils aiment Kent Nagano, parce qu'ils veulent sortir, réseauter et découvrir de nouvelles choses.

On a aussi diversifié notre offre. Le concert avec Les trois accords en est un bon exemple. Nous offrons également une série de récitals d'orgue, nous avons un choeur magnifique (ça tombe bien, nous aimons le chant au Québec) et nous avons instauré la série « Jeux d'enfants », qui présente des programmes pour toute la famille. Ça a permis aux élèves du secondaire et du cégep d'assister à des répétitions. On n'a pas les derniers hits, on joue encore du Mozart, mais on vend néanmoins 200 000 billets par an.

Au même titre que toute entreprise, vous devez assurer la rentabilité de l'OSM. Quels seront vos principaux défis au cours des prochaines années ?

L'OSM est un organisme à but non lucratif. On ne cherche pas à faire du profit, mais bien à équilibrer notre budget. C'est mon défi. Nos frais d'administration ne représentent que 7,5 % de nos dépenses, ce qui est bien peu. Tout le reste est investi dans le produit. C'est ce qui nous distingue, et c'est ce que veut notre public de toute façon.

Chaque année, vous devez assurer le financement de l'OSM. Au-delà des méthodes traditionnelles de financement, quelle approche avez-vous prise ou souhaiteriez-vous entreprendre au cours des prochaines années ?

Avec l'arrivée de Kent Nagano, nous avons décidé de nous tourner vers la communauté. On a visité plein de lieux : on a donné des concerts dans les parcs, au Stade olympique et ailleurs. Les gens viennent ensuite nous voir à la Maison symphonique. On a étudié notre public pour s'adapter à eux et leur offrir ce qui les intéresse. On a notamment dessiné des projets pour les enfants et les nouveaux arrivants. On a aussi des collaborateurs financiers qui nous soutiennent. En contrepartie, nous voulons aider les causes qui leur sont chères. Plus traditionnellement, on organise des bals, des galas et des concerts de financement.

Comment assurez-vous la relève et la rétention des musiciens de l'orchestre ?

Montréal compte trois grandes écoles de musique. Nos musiciens ont un contrat de 46 semaines par année, mais ils sont aussi embauchés pour la plupart comme professeurs dans ces écoles pour assurer la qualité de la relève, et leur donner un revenu de plus. Montréal, avec sa liberté et sa qualité de vie, a une force d'attraction fantastique ; elle nous aide à attirer des musiciens de partout dans le monde.

Pour recruter un musicien, nous faisons d'abord une audition canadienne, puis, au besoin, à l'échelle internationale. La relève ne m'inquiète pas. Les jeunes sont tellement bons ! L'âge moyen de nos musiciens a d'ailleurs baissé, il oscille entre 35 et 40 ans.

On dit souvent que les grands gestionnaires sont des chefs d'orchestre. Pour les musiciens et membres de l'OSM, au-delà des compétences techniques, quels sont les principaux profils recherchés afin d'assurer la meilleure cohésion au sein de l'orchestre ?

Il n'y a pas vraiment de profil, c'est la musicalité qui prime. Vous savez, les musiciens respirent tous ensemble, en même temps.

L'audition se fait derrière un rideau, avec Kent Nagano et les musiciens du groupe. Personne ne sait si la personne est jeune ou vieille ! À l'oreille, ils savent si elle s'intégrera bien. On l'amène ensuite à notre culture et à notre son distinctif.

La rubrique Questions pour un patron fait relâche pour l'été. De retour en septembre.

Le parcours de Madeleine Careau en bref

  • Âge : 65 ans
  • Études : Madeleine Careau est titulaire d'un baccalauréat en science politique de l'Université Laval.
  • Chef de la direction depuis : février 2000
  • Nombre d'employés : 52 permanents, en plus de 92 musiciens
  • Avant d'être à la tête de l'OSM : Elle est dans le milieu culturel depuis des années. Au fil des ans, on l'a vue à la barre de l'Orchestre symphonique de Québec, de l'ADISQ, du festival Juste pour rire et de Starmania. Elle a aussi été directrice du cabinet du ministre québécois de la Culture.




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