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Comment annoncer des mises à pied

Joëlle Vincent, présidente de Viaconseil, note qu'effectuer des... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Joëlle Vincent, présidente de Viaconseil, note qu'effectuer des mises à pied est la chose que les patrons détestent le plus faire.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Nathalie Côté

Collaboration spéciale

La Presse

Conseillère en ressources humaines, Joëlle Vincent est bien outillée pour effectuer une mise à pied. Pourtant, elle a mal dormi pendant des jours avant d'annoncer la nouvelle à l'un de ses employés.

« Comme entrepreneur, le licenciement était ma décision d'un bout à l'autre, alors la charge émotive est différente, note la fondatrice de Viaconseil. C'est admettre que j'ai pris une mauvaise décision quelque part dans le passé. J'ai ressenti de la culpabilité comme jamais auparavant. »

Que la décision soit la nôtre ou non, annoncer des licenciements dans le cadre d'une réorganisation est toujours pénible. Les gestionnaires ont tout intérêt à procéder correctement. « La façon dont on traite la personne a un effet sur les autres employés, signale Julie Carignan, psychologue organisationnelle chez SPB psychologie organisationnelle. Cela peut aussi avoir un impact sur la capacité de l'entreprise à recruter les meilleurs par la suite. »

Pour y arriver, il importe de comprendre la décision et d'être convaincu d'agir dans l'intérêt de l'entreprise. Il faut se souvenir que le statu quo peut avoir des conséquences importantes. « Si je ne l'avais pas fait, nous serions peut-être sept personnes au chômage aujourd'hui », note Mme Vincent.

Faire l'annonce

Si on doit licencier des dizaines de travailleurs, l'annonce de groupe s'impose. « On devrait éviter d'être seul et avoir réalisé un bon plan avec l'équipe des ressources humaines », note Mme Carignan. Il faut être clair quant au nombre de postes perdus, aux secteurs touchés et à la manière de procéder. Ce n'est pas le moment d'indiquer qui est renvoyé et qui conserve son emploi. Des rencontres individuelles devraient suivre le plus rapidement possible. Plus le temps passe, plus l'insécurité grandit parmi les travailleurs.

S'il ne s'agit pas de mises à pied massives, l'entreprise peut rencontrer seulement les personnes concernées. Certains gestionnaires ont tendance à tourner autour du pot parce qu'ils sont mal à l'aise. Il vaut toutefois mieux aller droit au but. « Le choix de vocabulaire est aussi important, croit Isabelle Lord, conseillère en ressources humaines et auteure du livre Le courage de dire. Par exemple, il est préférable d'indiquer à la personne que son poste est aboli plutôt que de dire qu'elle est congédiée. »

Le respect et l'empathie sont évidemment de mise. Il faut expliquer la décision sans commencer à se justifier ou à argumenter. Si elle vient « d'en haut », il peut être tentant de se déresponsabiliser, mais c'est une mauvaise idée. « Ça peut avoir une incidence sur la crédibilité du patron, croit Mme Lord. Être gestionnaire, c'est gérer dans les bons et les moins bons moments. »

Cette rencontre est l'occasion d'expliquer à la personne licenciée ce qui lui est offert par l'organisation. Sous le choc, elle peinera probablement à retenir les détails. Il est utile de les remettre par écrit pour qu'elle puisse s'y référer ensuite.

Il n'existe pas réellement de bon moment pour apprendre qu'on perd son emploi. Certains gestionnaires préfèrent le faire le vendredi après-midi pour permettre à tous de décanter. Par contre, si la personne licenciée a besoin d'aide ou d'information, elle risque de se buter à des portes closes. C'est donc à éviter.

Finalement, dans son expérience d'entrepreneure, Joëlle Vincent a appris qu'il faut parfois voir au-delà des bonnes pratiques. « Je ne les ai pas toutes suivies », avoue-t-elle. Elle n'a pas coupé les accès de son employée avant de l'escorter jusqu'à la porte avec ses affaires. Elle lui a même laissé son ordinateur portable et son téléphone, le temps qu'elle s'organise. « J'ai déjà vu des gens vouloir effacer des documents ou voler de l'information, raconte-t-elle. Mais j'étais en confiance avec cette personne-là. J'ai pris le risque et c'était plus humain, moins froid. »




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