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Survivre au congédiement... d'un collègue

«Prends tes affaires personnelles et accompagne-nous jusqu'à la porte.» Deux... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE)

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PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Didier Bert

Collaboration spéciale

La Presse

«Prends tes affaires personnelles et accompagne-nous jusqu'à la porte.» Deux agents de sécurité viennent annoncer sa mise à pied au voisin de bureau de Philippe. Resté seul, celui-ci est abasourdi.

«Et si ça m'arrivait à moi?, s'inquiète Philippe. Ils n'ont pas hésité à le congédier. Il a quitté en deux minutes... Pourquoi lui? Cela peut très bien m'arriver! Comment je ferais pour payer les études de ma fille? Est-ce que je retrouverais un travail, à plus de 50 ans, après avoir travaillé près de 30 ans dans la même entreprise?»

Philippe est touché par le syndrome du survivant, constate Luc Brunet, professeur au département de psychologie à l'Université de Montréal. Ce syndrome atteint souvent les collègues de personnes congédiées, poursuit-il. «Ils tombent dans une déprime, pas aussi profonde que ceux qui ont quitté l'entreprise, bien sûr... Mais pour ces survivants, aucune aide n'est prévue. Il n'y a pas de budget prévu pour les aider.»

Ce syndrome se traduit par une diminution des performances dans les jours qui suivent le départ d'un collègue. En effet, une mise à pied soudaine favorise l'émergence d'un climat de peur, explique Angelo Soares, professeur au département d'organisation et ressources humaines de l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Les comportements deviennent plus conservateurs, puisque les collègues restés en emploi tentent de se rassurer en se figeant dans leur routine de travail.

Cette crispation s'illustre dans le changement d'attitude envers la personne qui quitte. «Les collègues voient le congédiement comme une maladie contagieuse», regrette Alain Samson, conférencier et auteur de plusieurs ouvrages dont Le kit du survivant. «C'est faux! s'insurge-t-il. Bien souvent, la personne a été choisie au hasard quand l'employeur a décidé de réaliser des coupes dans ses effectifs.»

Le syndrome du survivant peut voir ses symptômes perdurer durant des mois, voire des années, affirme Angelo Soares.

Peu importe le motif de la mise à pied, c'est la manière dont elle est pratiquée qui affecte les collègues de travail. «L'employeur ne se rend pas compte que, même s'il a toutes les raisons du monde de congédier un employé, la façon de le faire est importante, assure Angelo Soares. Avoir du respect et garder une certaine dignité, ce n'est pas pour être gentil. [...] C'est parce que les collègues regardent comment le congédiement est effectué, et qu'ils se disent que ça peut leur arriver aussi.»

Préparer son prochain emploi

C'est pourquoi les collègues restés en emploi devraient penser à quitter leur employeur, s'ils ne voient pas de motif d'espérer un changement de méthode, croit Angelo Soares. «Ils doivent se dire que ce n'est peut-être pas la meilleure organisation pour laquelle ils peuvent travailler. Ils devraient commencer à chercher un autre emploi, où l'entreprise ne traite pas les gens comme du bétail.»

C'est aussi l'avis d'Alain Samson, qui recommande de ne pas avoir peur de changer d'emploi pour trouver mieux ailleurs. «Demandez-vous quels défis attendent votre industrie et quelles compétences sont recherchées par votre prochain employeur, suggère M.Samson. Il y a plein d'opportunités à saisir!»




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