Pourquoi avez-vous choisi ce métier?

Émilie Laperrière, collaboration spéciale LA PRESSE

Il y a quelques années, je n'avais même jamais entendu le mot carreleur ! C'est mon frère (lui aussi carreleur) qui m'en a appris l'existence. C'est en quelque sorte ma passion d'enfance pour les Lego appliquée au travail.

En quoi consiste votre travail ?

Je taille et je pose du marbre, du granit, de l'ardoise et de la céramique. Je polis aussi les surfaces à la main ou à la machine, en plus de m'occuper de la cimentation et du masticage.

Qu'avez-vous fait comme études ?

Je suis allé à l'École des métiers de la construction de Montréal pour suivre la formation en carrelage.

Quel a été votre cheminement professionnel?

Les débuts ont été difficiles, parce que ça se fait surtout par le bouche à oreille et que les entreprises de carrelage sont petites. Quelques mois après mes études, j'ai été appelé par un duo de carreleurs italiens. Ensuite, j'ai fait de petits boulots et c'est finalement la FTQ qui m'a recommandé à mon employeur actuel, Carrelage Richard.

Décrivez une journée typique de travail.

Ma journée commence à 6 h ou 7 h. Comme compagnon, je lis les plans, je trace les lignes pour me guider et je mélange le ciment. Ensuite, je pose le matériau. L'apprenti fait le coulis, s'occupe de la manutention, passe le balai et assiste le compagnon.

Quel est votre plus grand défi?

Faire son nom! Dans le métier, il n'y a pas de CV ni de portfolio. Tout est basé sur la performance. Un employeur m'appelle et c'est à moi de l'impressionner suffisamment pour qu'il m'engage. Le carrelage de plus eN plus bas de gamme fait en Chine complexifie aussi notre travail.

Qu'aimez-vous le plus dans ce travail?

Tout. J'aime même faire le coulis, ce que plusieurs détestent. J'observe le travail des autres, dans le métro ou ailleurs, et je suis fasciné.

Qu'est-ce que les gens ignorent de votre métie?

Pas mal tout ! Ma copine disait au début à ses amis que je posais de la céramique. C'est beaucoup plus que ça. Nous avons aussi une responsabilité : une erreur coûte cinq fois plus cher au final, surtout en raison des matériaux.

Quelles sont les qualités et aptitudes requises?

Il faut être perfectionniste, minutieux, autonome et consciencieux. Un carreleur doit aussi être résistant aux mouvements répétitifs, être capable de rester à genoux pendant de longues heures, avoir une grande force physique et ne doit pas avoir peur des hauteurs.

Où pratique-t-on ce métier?

Les commerces constituent le principal terrain de jeu des carreleurs. Ceux-ci peuvent aussi travailler à la construction de bâtiments institutionnels et dans le secteur résidentiel.

Nombre de carreleurs actifs sur les chantiers (2011): 2211

Nombre de femmes actives dans le métier (2011): 63

Âge moyen (2011): 38 ans

Perspectives d'emploi (2012-2014): bonnes

Salaire annuel moyen d'un compagnon (2011): 33 151$

Source: Métiers et occupations dans l'industrie de la construction, édition 2012-2013, CCQ