À 13 ans, Mélanie Poirier ne passait pas ses congés à écouter de la musique pop. À cet âge, elle est officiellement devenue employée salariée chez Magnus Poirier, l'entreprise funéraire que son arrière-arrière-grand-père a fondée il y a plus d'un siècle.

Stéphane Champagne, collaboration spéciale LA PRESSE

Bien sûr, à l'époque, la jeune femme travaillait à temps partiel durant les week-ends, tout en poursuivant ses études secondaires. Elle vidait les poubelles, donnait un coup de main à l'équipe administrative, bref, elle effectuait mille et une tâches. Aujourd'hui, à 25 ans, elle est conseillère en planification funéraire.

Et ce poste, elle a dû faire ses preuves pour le mériter, dit-elle. «Même si je suis une Poirier, je n'ai pas eu de passe-droit. Mon grand-père ne voulait pas créer un poste spécialement pour moi. C'est comme cela que ça fonctionne dans l'entreprise, qu'on soit un membre de la famille ou non», explique Mélanie Poirier.

À la fin de ses études en thanatologie, en 2007, elle a travaillé six mois comme embaumeur avant qu'un poste s'ouvre dans la PME qui compte huit succursales à Montréal et Laval. Or, c'était un poste de conseillère. Elle a donc postulé en bonne et due forme et a été engagée.

Sur une base quotidienne, Mélanie Poirier rencontre les familles qui font face à la mort d'un proche. Elle les aide à s'y retrouver, notamment en ce qui concerne tout l'aspect administratif entourant un décès. Mais surtout, dit-elle, elle prend le temps d'écouter «l'histoire de la famille» afin de préparer un rituel à l'image du défunt.

Il arrive de temps à autre que les semaines soient plus creuses, c'est-à-dire que la jeune femme ne rencontre aucun client. Elle est donc mutée au service à la clientèle, où elle s'installe au téléphone afin de proposer les services qui seront dispensés dans les sept autres succursales de Magnus Poirier. La PME familiale gère près de 3000 décès par année, ce qui en fait la deuxième entreprise funéraire en importance au Québec, derrière Urgel Bourgie.

Mélanie Poirier n'a jamais été rebutée par ce domaine. Au contraire, elle a toujours été fière de l'entreprise familiale. Dès le primaire, ses travaux scolaires et autres exposés oraux traitaient de cet univers qui en intrigue plus d'un. «Je n'avais aucune pudeur. Mes professeurs appelaient mes parents pour leur dire que j'étais très intéressante, mais que je devrais parfois ne pas tout expliquer en détail», dit-elle en riant.

Conseiller en services funéraires

Formation: DEC en technique de thanatologie ou AEC Services-conseils aux familles et préarrangements funéraires

Milieux de travail:entreprises funéraires et, dans un avenir rapproché, maisons de soins palliatifs

Salaire d'entrée: 17$/heure

Diplômés en emploi: 100%

Perspectives: favorables

Source: collège Notre-Dame-de-Foy