Ils ont étudié en biologie, en sciences politiques ou en droit. Aujourd'hui, ils sont musiciens, programmeurs de jeux vidéo ou éleveurs de canards. La Presse dresse leur portrait et démontre que l'école ouvre bien plus qu'une porte.

Mis à jour le 27 févr. 2012
Emilie Laperrière LA PRESSE

Titulaire d'un baccalauréat en biologie volet écologie et environnement, Alexandre Parent aurait été un candidat idéal pour travailler en laboratoire. Tout en restant dans le domaine de la science, il s'est toutefois éloigné de la recherche. À 33 ans, il travaille maintenant à l'Agence spatiale canadienne.

Alexandre Parent a achevé son baccalauréat en 2000. «Je voulais au départ travailler en laboratoire, être chercheur en sciences fondamentales», se rappelle-t-il.

Les études s'étirent, et il amorce une maîtrise en paléoanthropologie. Univalor, qui a pour mission d'accélérer le transfert des recherches réalisées par l'Université de Montréal à l'industrie, lui offre un poste à ce moment-là.

Alexandre Parent accepte, et commence à faire de la gestion de brevets et de propriétés intellectuelles. «C'est là que j'ai réalisé que je pouvais travailler en sciences sans en faire», dit-il.

L'année suivante, il change de camp et va travailler pour l'UQAM. Son travail est déjà plus polyvalent. «Cette fois, c'était dans tous les domaines: en chimie, en mathématiques, en biologie, etc.»

Il est ensuite recruté par un employeur bien particulier: le ministère de la Défense, où il est toujours responsable des brevets et des droits d'auteur.

Depuis l'an dernier, il travaille comme agent principal en gestion de la propriété intellectuelle et du transfert de technologies pour un autre organisme canadien, l'Agence spatiale. «Je gère les brevets et les droits d'auteur, la commercialisation des recherches, et je m'assure aussi que les chercheurs ont les droits nécessaires pour faire leurs recherches», explique-t-il.

Et la biologie dans tout ça? «La matière ne me sert plus, mais j'ai développé une façon de réfléchir qui m'est encore utile aujourd'hui», estime M. Parent. Nul doute que sa formation l'aide à comprendre la vie des chercheurs, les pressions qu'ils subissent et leurs méthodes de travail.

Étonnamment, il regrette une partie de la vie en laboratoire: «Un chercheur universitaire, ça a beaucoup de contraintes, mais il est son propre patron. Moi, je vis dans un monde corporatif», dit-il.

Ce qui ne l'empêche pas d'aimer son boulot. «Je ne mentirai pas, les technologies sont vraiment intéressantes et on voit toutes les inventions avant qu'elles ne soient mises en marché. On contribue à ce que tous puissent utiliser le fruit des recherches scientifiques. C'est très stimulant.» Le paradis du nerd, quoi.