L'année 2011 est maintenant derrière nous. L'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA) en profite pour faire un retour sur les bonnes et moins bonnes nouvelles qui ont marqué le monde du travail l'an dernier.

Mis à jour le 11 janv. 2012
Iris Gagnon-Paradis, collaboration spéciale LA PRESSE

La planète emploi a été riche en nouvelles, parfois bonnes, parfois plus préoccupantes, en 2011. Mais, en général, Florent Francoeur, président et DG de l'Ordre des CRHA, croit que la tendance est positive.

«Si on exclut les événements malheureux sur les chantiers de construction, on a atteint un certain équilibre dans les relations de travail. Il y a de moins en moins de conflits de travail, mais ils sont souvent plus longs et compliqués qu'avant, comme le démontre l'exemple du Journal de Montréal», résume-t-il.

Côté travail, le taux de chômage a augmenté en décembre à 7,5% au Canada et à 8,7% au Québec. Mais M. Francoeur reste confiant: «Il y a quand même plus de gens au travail en janvier de cette année que l'an dernier, car plus d'emplois ont été créés. Emploi Québec prévoit aussi un taux de chômage en baisse sur une perspective de 4 à 5 ans.»

Les hauts

Parmi les bons coups de 2011, la Capitale-Nationale fait belle figure, avec seulement 4,7% de taux de chômage. «Québec est souvent associé à la fonction publique, mais son économie est désormais très diversifiée», assure M. Francoeur.

En plus de l'industrie du jeu vidéo, qui y est très présente (Beenox, Frima), Québec a une industrie des services florissante, accueille 11 sièges sociaux de compagnies d'assurances et profite d'un secteur de recherche de pointe important.

L'industrie du jeu vidéo pourrait aussi donner un second souffle à la métropole, qui subit les contrecoups des difficultés du secteur manufacturier, avec un taux de chômage de 8,8%. L'ouverture de Warner Bros, la création annoncée de 250 emplois chez Eidos et les entreprises comme Ubisoft et THQ sont autant d'exemples encourageants. «Cette vitalité se reflète sur tout ce qui gravite autour du secteur, comme les écoles qui forment les étudiants», observe le président.

Autre bonne nouvelle: l'adoption unanime du projet de loi contre le placement syndical par l'Assemblée nationale. Et ce, malgré les problèmes d'intimidation et de vandalisme connus sur les chantiers de construction cet automne: «La population a très mal reçu ces événements; cela montre que ces stratégies de violence n'ont pas leur place au Québec», constate M. Francoeur.

Les bas

Parmi les mauvaises nouvelles, la fermeture «sauvage» des centres d'appels de IQT Solutions à Trois-Rivières, Laval et Oshawa a passé de travers pour bien des gens. C'est 1200 travailleurs (dont 600 au Québec) qui ont été mis à pied du jour au lendemain, sans explications ni indemnités de départ, et parfois sans le salaire de leurs dernières semaines de travail.

L'Ordre déplore également l'intervention précipitée du gouvernement dans certains conflits de travail, comme l'ont démontré les exemples de Postes Canada et Air Canada. «Cela menace l'équilibre des négociations. Il faut garder le rapport de force employeurs-employés et laisser les parties régler les problèmes entre elles le plus possible», suggère M. Francoeur

Les régimes de retraite, sujet chaud de 2012

En 2012, le dossier de l'heure sera celui des régimes de retraite, croit M. Francoeur. «Ils prennent de plus en plus de place dans la rémunération des travailleurs, au point où des entreprises ou même des villes se retrouvent en situation précaire», constate-t-il.

Si 2011 a montré les balbutiements d'une prise de conscience, 2012 doit être l'année de l'éveil autant pour les dirigeants patronaux et syndicaux que pour le gouvernement, souhaite-t-il. «Il faut trouver comment mettre en place des systèmes de retraite pour subvenir aux besoins des travailleurs actuels, mais aussi futurs!»

Une question qui risque d'être au coeur de plusieurs négociations, alors que 40% des conventions collectives viennent à échéance en 2012, dont cinq conventions de la STM ce mois-ci.