Au service de consultation externe de pédopsychiatrie de l'Hôpital Sacré-Coeur de Montréal, Annie Fournier travaille avec une clientèle de 0 à 18 ans souffrant de problèmes complexes.

Martine Letarte, collaboration spéciale LA PRESSE

«Par exemple, des enfants très impulsifs, agressifs, complètement désorganisés, etc. C'est une clinique de deuxième ligne, pour ceux pour qui la première ligne a été peu efficace», explique Annie Fournier.

Son poste a été créé en 2005 pour assurer un suivi pharmacologique rigoureux et sécuritaire auprès de la clientèle.

«On parle de pharmacologie complexe, donc pas seulement de Ritalin, mais aussi de stabilisateurs d'humeur, ou d'antipsychotiques. Je fais des prélèvements sanguins, je regarde la courbe de croissance et les signes vitaux, je m'assure de l'efficacité du traitement et de la détection rapide des effets secondaires», affirme-t-elle.

Elle est appelée à intervenir dès qu'une nouvelle médication est introduite.

«Lorsque le pédopsychiatre parle aux parents, souvent, ils ont peur, ils sont sous le choc. Ils n'ont pas le temps de penser aux questions. Ils sont prévenus par le pédopsychiatre que je dois les appeler. Entretemps, ils ont eu le temps de réfléchir et je peux désamorcer leurs inquiétudes. Je continue donc le travail amorcé par le médecin. Ça favorise une meilleure compréhension des parents et une meilleure adhésion aux traitements», remarque Mme Fournier.

Ce qu'elle aime le plus dans son travail, c'est de voir l'état d'un jeune se métamorphoser complètement à la suite d'une intervention. «Je dis toujours que j'ai le plus beau poste d'infirmière au Québec! Par contre, ce qui est difficile, c'est quand on a tout essayé et que ça ne fonctionne pas. L'école et les parents sont à bout de souffle. C'est dur de voir ça et de ne pas avoir de solution. On n'a pas de baguette magique.»

C'est un poste qui demande une grande disponibilité.

«Je travaille environ 35 heures par semaine en cinq jours, mais mon horaire est variable. Les enfants ne doivent pas manquer trop l'école et les parents ont souvent épuisé leur banque de congés. Pour les accommoder, je fais beaucoup de rencontres par exemple vers 7h, ou en fin d'après-midi. Par contre, je ne travaille jamais les fins de semaine.»

Au cours de son baccalauréat en sciences infirmières, Annie Fournier a vu certaines notions en pharmacologie, mais si elle a des questions, elle se tourne vers une pharmacienne spécialisée en santé mentale.

Infirmière autorisée

Salaire annuel moyen au Québec (2005): 51 000$

Personnes en emploi en 2009: 65 000

Perspectives professionnelles (2010-2014): Très favorables

Taux de chômage en 2009: Faible

Demande de main-d'OEuvre (2009-2014): Élevée

Source: Emploi-Québec, Information sur le marché du travail