Briser les mythes sur la métallurgie et faire connaître les possibilités de carrières au sein de cette industrie: c'est le but de la Semaine de la métallurgie, présentement en cours jusqu'au 24 novembre.

Publié le 20 nov. 2010
Caroline Rodgers, collaboration spéciale LA PRESSE

Avec les retraites qui s'en viennent, plusieurs emplois intéressants et variés seront disponibles au cours des prochaines années dans ce secteur, souligne Suzanne Proulx, directrice générale du Comité sectoriel de main d'oeuvre de la métallurgie au Québec. De plus, les conditions de travail y sont supérieures à la moyenne, selon elle. Les métiers de mécaniciens et d'électriciens industriels sont particulièrement demandés, ajoute-t-elle. Il y a également des possibilités variées pour les ingénieurs et les techniciens en chimie, en métallurgie ou en mécanique. Du DEP au baccalauréat, tous les niveaux d'études permettent d'entrer dans l'industrie.

Mais pour attirer la relève, le secteur doit briser certaines idées préconçues.

Métier non-traditionnel

Une industrie très polluante, dépassée sur le plan de la technologie et qui ne fait pas de place aux femmes: voilà trois mythes tenaces autour de la métallurgie, explique Mme Proulx.

«Malheureusement, pour les jeunes filles, la métallurgie est un choix de carrière qui n'est même pas pris en considération, dit-elle. Pourtant, il n'y a pas de raisons pour qu'elles ne choisissent pas d'y travailler au sein des opérations. Avec les technologies actuelles, plus personne n'a besoin de forcer indûment. Il y a des systèmes de levage, d'appui et d'aide qui font en sorte que les femmes peuvent très bien occuper ces emplois. Pas besoin d'être un monsieur muscle!»

Autre mythe: la pollution. «On dit que la métallurgie pollue, mais l'industrie a fait d'énormes efforts pour diminuer ses impacts depuis des années, dit Suzanne Proulx. Et bien des gens ne savent pas, par exemple, que la matière première utilisée pour produire de l'acier est la ferraille. Pour une entreprise comme Arcelor Mital, l'entrepôt de matières premières est constitué de champs d'objets de métal comme des carcasses d'auto, qu'elle récupère pour les recycler.»

Elle cite un autre exemple, celui de l'aluminerie de Deschambault, qui a creusé de vastes bassins destinés à recueillir l'eau de pluie. «Ils n'utilisent aucune eau potable pour leurs opérations, dit-elle. C'est le genre de bons coups que l'on veut faire connaître durant la Semaine de la métallurgie.»

Par ailleurs, des préjugés persistent à l'effet que la métallurgie n'est pas de nature à satisfaire ceux qui aiment travailler au sein d'un environnement technologique évolué. «Les gens s'imaginent que travailler en métallurgie, c'est pelleter du minerai dans le feu, dit la directrice. En fait, les gens qui ont un intérêt technologique y trouvent leur compte, car l'industrie utilise des outils à la fine pointe, et effectue beaucoup de R&D. Il y a de la place pour les gens attirés par les sciences.»

Les jeunes qui voudraient voir le monde ont des chances de réaliser leur rêve en choisissant la métallurgie, ajoute Mme Proulx. «C'est une industrie ouverte sur le monde avec des multinationales installées partout, et le Québec est très bien positionné sur le plan mondial, dit-elle. Nos alumineries sont reconnues partout pour leur main d'oeuvre, et il y a des occasions de voyager, d'effectuer des stages et de développer une carrière à long terme vraiment intéressante.»