Les entrevues d'emploi ne se limitent plus comme avant à la traditionnelle rencontre qui consistait à scruter les connaissances et l'expérience des candidats. Dans le cas de jeunes diplômés dont les renseignements sont pratiquement équivalents, comment un employeur peut-il différencier les bons des moins bons aspirants à un emploi?

Mis à jour le 15 févr. 2010
Patricia St-Pierre, collaboration spéciale LA PRESSE

Pour détecter les talents et sélectionner les meilleurs, les recruteurs doivent sortir de ce cadre et faire appel de plus en plus à l'aspect «humain» des candidats. Plus complexe et difficile à évaluer, cette dimension fait référence aux qualités personnelles et professionnelles d'un individu.

 

L'introduction de la science et ses applications ont bouleversé la démarche de sélection du personnel. En effet, la dimension humaine est de plus en plus prise en considération par les entreprises dans la gestion de leurs ressources. On sait à présent que le fonctionnement et la performance au travail d'un employé sont davantage tributaires de ses aptitudes et de sa personnalité que de ses connaissances.

La science est aujourd'hui capable de fournir des façons de décrire et de comprendre les individus. Elle a d'ailleurs grandement contribué à l'avancement des pratiques d'analyse et d'évaluation en supportant les employeurs dans le choix de leur personnel. Ils vont davantage apprécier la manière dont une personne entre en relation et gère ses interactions avec les autres, la façon dont elle aborde son environnement et ses tâches de travail, et ce, en adaptant simplement, de façon judicieuse, les questions au profil de l'emploi à pourvoir. Le recruteur n'a plus qu'à bien écouter, comprendre et composer avec les réponses, les non-dits et le langage gestuel du candidat.

On dit que le quotient intellectuel (QI) n'explique que 20 à 30% de la réussite professionnelle d'un individu. Le reste viendrait de son intelligence émotionnelle (QE) qui repose sur un cocktail de conscience et de maîtrise de soi, de motivation, d'empathie, d'ouverture d'esprit, de tact et de diplomatie; ce sont là des compétences utilisées dans pratiquement toutes les situations qui surviennent dans un milieu de travail. Par conséquent, elles sont prises en considération par les entreprises au moment de l'embauche; l'entrevue étant l'un des outils privilégiés pour mesurer l'intelligence émotionnelle d'une personne.

Il est étonnant de constater à quel point un grand nombre de candidats ne savent généralement pas comment parler d'eux lors d'un entretien d'embauche. Ils fournissent des prestations beaucoup trop axées sur leurs compétences techniques. Cette lacune peut s'avérer nuisible, car ce sont surtout les qualités individuelles ainsi que la personnalité de l'individu que l'employeur tente d'apprécier en entrevue.

Il s'agit d'un incontournable auquel il faut savoir s'adapter parce que l'étude des phénomènes comportementaux va encore évoluer et continuer à alimenter les entreprises qui utilisent ces connaissances pour trier et choisir les candidats.

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