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Prendre sa retraite plus tôt que prévu

Nicolas Chevrier, psychologue du travail.... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Nicolas Chevrier, psychologue du travail.

Photo: André Pichette, La Presse

Avec la récession qui frappe, certaines entreprises doivent fermer leurs portes, d'autres cherchent à réduire leurs coûts et souvent, quelques mises à pied sont à l'ordre du jour. Pour certains travailleurs assez âgés, cela signifie également prendre sa retraite plus tôt que prévu.

Ces départs précipités à la retraite sont-ils dangereux pour le moral?

Pas particulièrement, affirme Nicolas Chevrier, psychologue du travail. «Réussir ou non son départ à la retraite, c'est avant tout une question de capacité d'adaptation», explique-t-il.

 

Céline sait bien de quoi il s'agit. Secrétaire-réceptionniste pendant plusieurs années dans une clinique gynécologique, elle a eu toute une surprise en janvier 2008, lorsque ses patrons ont annoncé à toute l'équipe qu'ils mettaient la clé sous la porte dans un peu moins d'un an.

«Un médecin prenait sa retraite, il n'y avait pas de relève et les autres trouvaient que ce serait trop dispendieux de garder la clinique ouverte. Ils préféraient aller pratiquer ailleurs, chacun de leur côté», explique-t-elle.

Dans la cinquantaine avancée, Céline aurait bien travaillé encore quelques années, mais elle n'était pas très enthousiaste à l'idée de tout recommencer ailleurs pour quelques années seulement. Comme ses finances le lui permettaient, elle a décidé de prendre sa retraite.

Plusieurs options

Comme tout projet d'importance, une retraite, ça se prépare. «Pour éviter de tomber dans la déprime, de devenir amer, ou de se sentir inutile, il faut se demander ce qu'on a envie de faire à la retraite», affirme M. Chevrier.

Sport, cours, bénévolat, engagement auprès d'un parent vieillissant ou des petits-enfants: les options sont multiples.

Pour certains, la retraite signifie plutôt aller travailler à temps partiel dans un tout nouveau domaine. Comme Jean-Claude, anciennement gardien de prison, qui conduit maintenant des véhicules de transport adaptés pour personnes âgées. Ou Hélène qui, après une carrière d'agente de bord, travaille quelques jours par semaine dans une boutique de décoration intérieure.

«Les retraités qui retournent travailler pour le plaisir choisissent généralement des emplois qui les valorisent, qui les intéressent et qui ne sont pas trop stressants», indique M. Chevrier.

Pour sa part, Céline n'a pas envisagé un revirement de carrière de la sorte, bien qu'elle ne ferme pas la porte à l'idée si des propositions intéressantes se présentent. Mais à la retraite depuis la mi-décembre, elle avait d'abord l'intention de se reposer quelques mois avant d'entreprendre des projets.

«J'ai travaillé beaucoup plus d'heures par semaine que d'habitude pendant ma dernière année, alors j'étais fatiguée. Les premiers mois de ma retraite, je les voyais un peu comme des vacances.»

Bien préparer sa retraite, ça ne veut donc pas nécessairement dire organiser tout son emploi du temps de retraité avant même d'avoir cessé de travailler. «Ça dépend des gens, affirme le psychologue. Certains souhaitent s'engager tout de suite dans des projets, alors que d'autres préfèrent prendre une pause. L'important, c'est de ne pas tomber dans l'apathie: rester à la maison, arrêter toute activité et ne pendre aucune initiative. Dans ces cas-là, c'est dangereux de voir apparaître des symptômes dépressifs.»

Aux yeux de Danis Prud'homme, directeur général du réseau FADOQ, il est essentiel que les retraités se trouvent des passions.

«Ça peut être n'importe quoi. L'important, c'est de demeurer actif, d'avoir des projets, de briser l'isolement.» Son organisme organise d'ailleurs différentes conférences et activités pour aider les personnes de 50 ans et plus à préparer leur retraite.

Pour sa part, Céline n'est pas inquiète. Déjà, elle sait qu'elle aidera davantage son mari dans sa production de bois de chauffage. Et il y a sa mère vieillissante dont elle compte s'occuper davantage. Elle vient aussi de s'inscrire à un gym. «Et à l'automne, peut-être que je me sentirai prête à suivre des cours. Je ne suis jamais allée à l'université et je crois que j'aimerais ça. J'irais pour le plaisir. La psychologie m'a toujours intéressée», affirme-t-elle.

 




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