Le centre de santé et de services sociaux de Memphrémagog (CSSSM) prévoit que près de 20% de ses 750 employés pourront partir à la retraite au cours des cinq prochaines années. Et pour remédier à cette perte d'effectif, il mène conjointement avec la CSN un projet visant à assurer les conditions qui pourront garder en emploi une partie de son personnel âgé de plus de 50 ans.

Mis à jour le 16 févr. 2009
Albert Bérubé
Albert Bérubé LA TRIBUNE

«Nous avons 226 employés de plus de 50 ans», précise Julie Dechenault, directrice des ressources humaines, et on prévoit que «3,7% de ceux-ci vont partir chaque année à la retraite dans les cinq prochainesannées». Dans les faits, les employés ayant 55 ans et 30 ans de service peuvent quitter sans pénalité de retraite.

 

Déjà, ajoute Mme Dechenault, «à 3%, c'est une proportion importante et à 5% c'est alarmant parce que ça affecte notre continuité de soins (...) Ça fragilise notre organisation». L'idée est «de prolonger leur vie active au travail tout en favorisant le développement de la relève.»

Et il faut aussi garder à l'esprit que le personnel de la CSSSM augmentera d'une centaine d'employés sur trois ans à partir d'octobre prochain, en raison de l'agrandissement de ses locaux.

Comme le projet consiste à voir ce qui amènerait les employés de 50 ans et plus à continuer à travailler, mais à temps réduit, un sondage a été mené en octobre dernier.

«En tout, 44,2% des employés (100 sur 226) ont répondu au sondage, ce qui est excellent», note Édith Hamel, présidente du Syndicat du personnel de soins et d'assistance du CSSSM CSN.

Le sondage a permis de constater que les conditions qui motiveraient les employés à rester au travail seraient notamment reliées au climat de travail, à la charge de travail, au nombre d'heures et à la possibilité de former la relève.

À partir des données recueillies, le comité paritaire patronal-syndical a identifié des choses à mettre en place au cours des deux prochaines années.

«Cette année, nous travaillerons plus spécifiquement sur l'aménagement et la réduction du temps de travail et sur l'optimisation de leur expertise, ce qui aura aussi des effets bénéfiques sur les travailleurs de moins de 50 ans qui pourront ainsi bénéficier d'un horaire de travail plus complet», fait remarquer Dany Gagné, représentant syndical du personnel infirmier, technique et professionnel. Le soutien aux gestionnaires pour la gestion du personnel est aussi envisagé.

«Il s'agit d'un projet pilote paritaire, dans un cadre de partenariat, de consensus», observe Jean Lacharité, président du conseil central CSN-Estrie. «Tout le monde est gagnant par ce projet. Les plus expérimentés décident de rester, ils vont rendre des services, ils feront du transfert de compétence et ça crée un climat de travail qui peut être exceptionnel. L'employeur ne peut qu'être gagnant. Qui va en bénéficier le plus en bout de course? C'est la population (...) Il faut travailler en partenariat».

«C'est une très belle expérience qui se fait ici. Peut-être que le reste du Québec nous imitera», note M. Lacharité.