Bien connue pour ses créations mettant en vedette des fourrures recyclées, l'entreprise Harricana par Mariouche s'est placée à l'abri de ses créanciers. Ses dettes atteignent 2,1 millions de dollars. Mais la propriétaire Mariouche Gagné demeure très optimiste.

Mis à jour le 15 oct. 2016
Marie-Eve Fournier LA PRESSE

« Tout roule quand même. [La procédure judiciaire est] juste un outil pour renégocier avec les créanciers », a indiqué la créatrice de mode et femme d'affaires à La Presse.

Ainsi, la survie de la nouvelle boutique ouverte en juillet rue McGill, dans le Vieux-Montréal, n'est pas menacée. Pas plus que l'inauguration prévue, en novembre, de boutiques éphémères (pop-up) dans les crémeries Le Bilboquet, assure Mariouche Gagné. Elle s'apprête même à embaucher du personnel pour travailler dans ces petits points de vente hivernaux, ce qui fera passer les effectifs de 8 à 15 pour l'hiver.

En outre, les clients qui ont confié leur manteau à Harricana pour le faire retoucher ne doivent pas s'inquiéter. Le travail sera exécuté et leur vêtement pourra être récupéré, insiste celle qui a créé l'entreprise en 1994.

Aucune liquidation des stocks n'est par ailleurs prévue.

EFFRITEMENT DU MARCHÉ EUROPÉEN

La PME doit notamment 530 000 $ à la Banque HSBC, 368 000 $ à Investissement Québec et 152 000 $ à la Banque de développement du Canada. Parmi les plus importants créanciers se trouvent aussi Gestion Jean Fava (126 000 $) et Mariouche Gagné elle-même (295 000 $). Quelque 120 000 $ sont dus à l'Agence du revenu du Québec.

Mariouche Gagné attribue ses problèmes financiers à la débâcle du marché européen (il y a environ trois ans), où elle exporte depuis 2000. 

« Plusieurs clients ne me payaient pas. C'est quand même dur d'aller [se faire payer] en Europe. L'Italie, l'Espagne, la France... tous mes marchés se sont effrités les uns après les autres. J'aurais peut-être dû réduire mes dépenses plus vite, mais je voulais garder mon équipe », dit Mariouche Gagné.

L'entrepreneure, qui a reçu un certain nombre de prix et de bourses dans sa carrière, précise qu'elle a vendu son immeuble de la rue Atwater et qu'elle a réhypothéqué sa maison pour payer certains fournisseurs. Elle a aussi recentré ses activités au Canada et mise davantage sur la vente au détail.

La nouvelle boutique est par ailleurs très prometteuse, puisqu'il y a beaucoup plus d'achalandage et de touristes rue McGill que rue Atwater, observe Mariouche Gagné.

« Je n'ai plus d'inquiétudes. L'entreprise va de mieux en mieux, mais on traîne de trop grosses dettes », résume-t-elle.