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Plantes et Décors Véronneau poursuivi pour près de 1 million

Le magasin Plantes et Décors Véronneau du boulevard Cavendish... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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Le magasin Plantes et Décors Véronneau du boulevard Cavendish à Montréal.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Le torchon brûle entre Plantes et Décors Véronneau et l'un de ses franchisés, qui accuse l'entreprise de lui avoir fourni « de l'information financière erronée », d'être « malhonnête », en plus de l'avoir « harcelé, insulté et dénigré ». Luc Blanchet prétend aussi que le modèle d'affaires du détaillant est « défaillant », ce qui rend « illusoire toute forme de profitabilité ».

Luc Blanchet réclame l'annulation de son contrat de franchise et près de 1 million de dollars aux propriétaires de Plantes et Décors Véronneau, Guy Véronneau et sa conjointe Chantal Arès, indique la poursuite consultée par La Presse Affaires.

L'homme d'affaires, qui compte une trentaine d'années d'expérience dans la vente au détail, notamment à titre de franchisé Canadian Tire, a acheté le magasin Véronneau du boulevard Cavendish (jusque-là corporatif), en mars 2013. Ce devait être « son projet de semi-retraite ».

La semaine dernière, il l'a fermé, incapable de payer le loyer.

« De tout ce que j'avais accumulé pour ma retraite, il me reste zéro », se désole-t-il.

Selon la requête, Luc Blanchet, 60 ans, a déboursé 978 000 $ pour acquérir le commerce de plantes artificielles et d'articles de décoration. Le franchiseur lui aurait indiqué que les ventes des quatre années précédentes avaient oscillé entre 1,2 et 1,5 million. Et qu'après deux années de pertes, des profits avaient été déclarés. L'acquéreur n'avait aucune raison de croire que ces chiffres étaient erronés, nous a-t-il dit, puisque « ça avait l'air d'une évolution normale, même pour mon comptable ».

Le retraité est désormais convaincu qu'il s'agissait de « fausses déclarations ». Il estime que le modèle financier imposé aux franchisés « était complètement non viable ».

Faillite à Sherbrooke

Il n'est pas le seul à avoir frappé un mur. L'an dernier, le premier magasin franchisé, celui de Sherbrooke, a déclaré faillite après 18 mois d'exploitation. Son ex-propriétaire, qui a perdu avec son conjoint « plusieurs centaines de milliers de dollars » dans l'aventure, estime elle aussi avoir été trompée par le franchiseur. « Le magasin n'a jamais été rentable. [...] Ça a pris beaucoup plus d'investissement qu'on nous l'a laissé croire », nous a-t-elle confié, demandant que son nom ne soit pas publié.

La succursale de Terrebonne a été rachetée par le siège social, en juillet dernier, dans des circonstances que les ex-propriétaires ont préféré ne pas nous raconter. Quant à la quatrième franchise, celle de Gatineau, il a été impossible d'en connaître l'état de santé, son propriétaire n'ayant pas voulu répondre à nos questions. La poursuite de M. Blanchet allègue qu'elle se trouve « dans une situation financière extrêmement précaire ».

Style de gestion « intimidant »

« Ce n'est pas fait pour tout le monde d'être en affaires, d'être à son compte, de travailler les heures qu'il faut », a réagi Guy Véronneau, lorsque joint par La Presse. Il convient que ce n'est « pas évident » d'être un franchiseur parce que « personne ne voit les choses de la même manière ». Mais il « dément tout » ce qu'affirme son ex-franchisé. Il n'a pas voulu parler de ses deux franchises restantes pour ne pas nuire au procès.

Luc Blanchet dénonce aussi le style de gestion « intimidant, harcelant et hargneux » de la famille Véronneau, qui l'a « insulté », « dénigré » et « critiqué ouvertement » devant les clients. Il affirme en outre que le franchiseur « démontre un désintérêt total envers le succès de ses franchises » en favorisant les magasins corporatifs et ne « respecte nullement [...] ses obligations ».

Guy Véronneau dit ne plus vouloir vendre de franchises. Il prépare actuellement le déménagement du magasin corporatif de Boucherville au Quartier DIX30, en septembre. Et n'exclut pas la possibilité d'ouvrir à Québec.




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