Les détaillants sentent de plus en plus de pression pour faire comme leurs concurrents et offrir des rabais monstres le Vendredi fou. Si l'événement permet de générer de forts volumes de ventes, il change la donne en ce qui concerne les profits. Et les comportements d'achat.

Marie-Eve Fournier LA PRESSE

AVANT LE VENDREDI FOU ET LE CYBERLUNDI

« Avant, les détaillants faisaient leurs profits au début de la saison de magasinage et ils baissaient leurs prix de plus en plus, à mesure que Noël approchait, pour ne pas rester pris avec des stocks », explique Marie-Claude Frigon, associée chez Richter et experte en vente au détail.

AUJOURD'HUI

Aujourd'hui, les prix baissent autour du Vendredi fou avant de remonter pendant deux semaines. De sorte que les ventes les plus précoces ne sont pas très payantes, et les deux semaines qui suivent sont plus difficiles. « Après le Vendredi fou et le Cyberlundi, les ventes des détaillants diminuent de 4 ou 5 %. C'est ce qui nous fait dire qu'il y a un déplacement des ventes », poursuit la comptable. Un déplacement vers la semaine la moins profitable, celle des soldes. « Mais c'est mieux de faire des ventes moins rentables que de perdre des ventes. »

AU-DELÀ DES PROFITS

Marie-Claude Frigon mentionne aussi que les deux populaires événements de magasinage permettent aux détaillants d'attirer des clients et de leur vendre des produits à prix courant. Ce sont aussi de bonnes occasions de liquider les stocks qu'ils ne pensent pas être en mesure de vendre avant Noël. C'est exactement ce que Target Canada va faire. Aux prises avec une surabondance de biens invendus ces derniers mois, le géant américain va offrir « des aubaines jamais vues » et des cartes-cadeaux de 15 $ à ceux qui achètent pour 75 $. Ces liquidations permettent aux détaillants d'obtenir des liquidités pour passer leurs prochaines commandes.