Après plus d'un an de travaux et un investissement de 25 millions aux Galeries d'Anjou, Simons se prépare à accueillir ses premiers clients dans quelques heures. La Presse Affaires a pu visiter en primeur l'immense magasin, en compagnie du président Peter Simons.

Après des négociations ardues avec La Baie et Sears qui ont retardé «de deux ou trois ans» le projet de Simons aux Galeries d'Anjou, le magasin est maintenant prêt à être inauguré, demain matin. Cette neuvième adresse pour l'entreprise familiale de Québec a coûté plus de 25 millions.

«Je veux créer des espaces uniques que les gens vont apprécier. Le design, l'architecture, l'assortiment, tout contribue à cela dans mes magasins», affirme Peter Simons, en parcourant les rayons.

En plus d'intégrer plusieurs oeuvres d'art - dont une tapisserie de 10 mètres de large achetée il y a 50 ans par le père de Peter Simons (encore en restauration) -, le Simons d'Anjou se veut ludique. Des toilettes sèches servent de cabines d'essayage dans le rayon des vêtements pour jeunes hommes, tandis que les adolescentes se changeront derrière d'immenses rideaux suspendus au plafond. On y trouve aussi une salle de détente, avec table de babyfoot et iPad, pour «que les clients lisent le journal ou des magazines de design».

Lumineux et dégagé, le magasin de deux étages est celui des sept qui comprend le plus vaste espace destiné aux vêtements pour hommes (40 000 pieds carrés). C'est aussi le seul qui abrite un restaurant. Le stationnement intérieur, qui a coûté «très cher», peut accueillir près de 200 véhicules.

Le détaillant renoue par ailleurs avec les allées et les îlots carrés, après avoir utilisé des présentoirs circulaires qui ont créé un effet labyrinthe à Sainte-Foy. «Le sens de l'orientation dépend des allées et de l'affichage. À Sainte-Foy, on l'a perdu, et les clients n'aiment pas ça, même s'ils s'habituent. Ici, on est revenus à une circulation plus claire, rectiligne.»

Simons a peiné à s'établir aux Galeries d'Anjou (une copropriété de Cadillac Fairview et d'Ivanhoé Cambridge) parce que les baux de La Baie et Sears possèdent des clauses d'exclusivité. La Baie aurait obtenu 10 millions pour abandonner ce privilège. Les deux détaillants auraient aussi négocié des «concessions dans leur bail». Cadillac Fairview et Ivanhoé Cambridge n'ont pas voulu parler de ce «processus confidentiel».

Heures d'ouverture prolongées

Peter Simons ne craint pas la cannibalisation dont pourraient souffrir ses magasins du centre-ville de Montréal et de Laval. Mais il s'attend à des "réajustements", surtout que son magasin d'Anjou sera le seul à être ouvert jusqu'à 21h tous les jours de la semaine. «J'ai résisté longtemps, mais cette fois, je n'ai pas eu le choix. Je demeure contre l'idée. Les gens comprennent mal l'impact sur la vie des employés.»

Ses autres magasins (hormis celui d'Edmonton) ferment à 17h30 ou à 18h du lundi au mercredi.

L'homme d'affaires, reconnu pour miser sur la qualité des contacts humains pour se différencier de ses concurrents, ne tourne pas le dos aux technologies pour autant. Ainsi, chaque caisse est munie d'un iPad. Cela permettra aux employés d'avoir accès aux stocks de tous les magasins et de passer des commandes qui seront livrées chez les clients, sans interrompre le processus d'achat en cours à la caisse. De plus, «d'ici la fin de l'année ou au début de 2014», les employés auront un iPod Touch en main pour servir les clients partout, pas seulement aux caisses.

Simons travaille sur un autre projet d'envergure: la quatrième version de son site internet transactionnel en 36 mois. Après plusieurs retards, le lancement est maintenant prévu pour la mi-octobre. Peter Simons précise qu'il investit 5 millions, ce qui est «peu pour les grandes chaînes américaines, mais beaucoup pour nous». Son site, qu'il qualifie de «colonne vertébrale de notre service à la clientèle», est rentable, assure-t-il.

Voyez, en primeur dans La Presse+, l'intérieur du Simons d'Anjou et une entrevue avec le président Peter Simons