La Société des alcools du Québec (SAQ) remettra bientôt le plus gros chèque de son histoire au gouvernement du Québec. Selon les informations obtenues par La Presse, le montant des dividendes cumulés par la société d'État en 2012 dépassera pour la première fois le milliard de dollars.

Karyne Duplessis Piché LA PRESSE

Le dernier exercice financier de la SAQ s'est terminé le 31 mars. La société d'État confirme que ses profits dépassent le milliard de dollars, et ce, malgré un ralentissement des ventes dans le commerce de détail ainsi qu'une semaine en moins dans son dernier calendrier commercial.

«Ç'a été une bonne année, malgré le fait qu'il y ait des ralentissements dans le commerce de détail, affirme la directrice des communications de la SAQ, Isabelle Merizzi. La SAQ a peut-être été un peu moins touchée.»

La raison est simple, avance Mme Merizzi, les Québécois aiment le vin. Ils sont de plus en plus nombreux, dit-elle, à vouloir créer l'accord parfait en cuisine, à se «gâter» avec des cuvées plus chères et à collectionner des bouteilles dans leur cave.

Cette analyse est confirmée par la plus récente étude «Contrôle et vente des boissons alcoolisées» réalisée par Statistique Canada et rendue publique la semaine dernière. Selon cette étude, les Québécois sont toujours les plus grands consommateurs de vin du pays. Les ventes de vin dans la province sont en hausse de 6,8% par rapport à l'année précédente. Les spiritueux ont aussi gagné en popularité avec une augmentation des ventes de 6,3%.

Le montant exact des surplus qui seront transférés à Québec sera divulgué en juin lorsque la SAQ déposera son rapport annuel. Isabelle Merizzi précise toutefois que ce milliard de dollars exclut les taxes. «Ce sont les bénéfices nets», dit-elle.

Plus de vin, moins de bière

La SAQ a réalisé ces bénéfices records au moment où les ventes de bière ont connu un recul de 3,9% au Québec depuis l'an dernier.

Longtemps, les habitants des autres provinces ont préféré la petite mousse au vin. La plus récente étude de Statistique Canada note que «les préférences évoluent». Ainsi, la part de marché des bières est en recul au pays depuis 10 ans. Et ce recul profite au marché du vin. Si bien que la hausse des ventes de vin a été plus élevée que celle des bières en 2012.

«En 2002, en valeur monétaire, la part de marché de la bière était de 50% et celle du vin, de 24%, avance Statistique Canada. En 2012, la part de marché de la bière est passée à 44%, tandis que celle du vin a atteint 31%.»

L'engouement pour le vin n'a rien de surprenant, affirme la présidente de l'Association canadienne des sommeliers professionnels, Jessica Harnois.

«On est bombardé de vins, dit-elle. Il y a des émissions autour de la cuisine et du vin partout au Canada. On parle beaucoup moins de bière. C'est aussi une évolution normale du palais. On découvre le monde de l'alcool avec la bière et on s'intéresse après au vin.»

Selon Statistique Canada, le rouge a toujours la cote au pays avec 57% des ventes de vin totales.

Les achats de spiritueux au pays sont en hausse de 3,9%. Les Canadiens boivent davantage de whisky et de liqueur importés. Quant aux ventes de spiritueux produits ici, elles sont en recul.

Les ventes de boissons alcoolisées au pays en 2012 ont totalisé 20,9 milliards, soit une augmentation de 3%.