De 15 appels et courriels qu'elle recevait par semaine, la conseillère à la syndicalisation de la CSN n'en a plus reçu aucun après le 7 avril 2011, jour de la fermeture du dépanneur de la rue Saint-Denis, coin Beaubien.

Mis à jour le 29 févr. 2012
André Dubuc LA PRESSE

«Brusquement, le téléphone a cessé de sonner», a dit Sylvie Joly, durant son témoignage devant la Commission des relations du travail (CRT). La CRT a commencé les audiences relativement à trois plaintes déposées par la centrale syndicale contre la chaîne de dépanneurs de Laval.

La première plainte porte sur la diffusion d'une vidéo interne mettant en vedette le patron de Couche-Tard [[|ticker sym='T.ATD.B'|]], Alain Bouchard, qui met en garde ses employés de se syndiquer.

La CSN se plaint aussi de la fermeture des dépanneurs Jean-Talon/Iberville et Saint-Denis/Beaubien. La centrale syndicale allègue que les deux dépanneurs ont été fermés pour des motifs antisyndicaux et demande réparation. La direction de Couche-Tard a toujours justifié la fermeture des deux établissements pour des raisons de non-rentabilité.

Questionnée par l'avocat de la CSN, Me Éric Lévesque, Mme Joly a donné des détails sur la campagne de syndicalisation et de ses résultats.

Sylvie Joly a parlé de l'élan qu'avait pris le mouvement après le dépôt d'une première requête en accréditation syndicale le 11 janvier 2011. «À partir du 13 janvier, la réponse a été incroyable, a dit Mme Joly. La première semaine, j'ai reçu 50 appels et courriels. Après, je recevais au moins 15 nouveaux appels par semaine.»

En mars 2011, l'optimisme était à son comble du côté syndical. En trois semaines, trois autres dépanneurs avaient déposé une requête en vue de se syndiquer, soit Saint-Hubert, Saint-Denis/Beaubien et Saint-Liboire, près de Saint-Hyacinthe. Mme Joly a dit avoir parlé à environ 200 employés actuels et passés de Couche-Tard entre janvier et avril 2011.

Tout cet élan a été stoppé net le 7 avril avec la fermeture-surprise du dépanneur de la rue Saint-Denis, à l'intersection de la rue Beaubien. «J'ai rappelé des travailleurs qui m'avaient contactée (avant le 7 avril) et ils ne voulaient plus me rencontrer», a dit Sylvie Joly au commissaire Alain Turcotte.

Le témoignage de la conseillère de la CSN devait se poursuivre hier après-midi. Mais le procureur de Couche-Tard a indiqué à la Commission qu'il déposait une requête pour obtenir une ordonnance de non-publication des témoignages. La CSN s'oppose à la requête. Le commissaire entendra les parties ce matin.