La chaîne de dépanneurs Couche-Tard devra avoir répondu aux exigences de la Commission de la santé et sécurité du travail (CSST) au plus tard le 15 octobre prochain en vertu d'une entente survenue jeudi vers 16 h 40.

André Dubuc LA PRESSE

Couche-Tard accepte de mettre en place les mesures exigées dans la trentaine d'avis d'infraction que la CSST lui avait envoyés dans les derniers mois et qui étaient restés lettre morte jusqu'à jeudi. La plupart des mesures concernent l'installation d'une barrière physique entre la caisse et les clients « et la mise en place d'autres mesures de sécurité connexes, de préciser Jacques Nadeau, porte-parole de la CSST. Couche-Tard répond aux exigences que la CSST avait mises sur la table pour assurer la sécurité des travailleurs. »

On saura probablement à l'automne si Couche-Tard va payer ou non les amendes qui lui étaient infligées, a laissé entendre M. Nadeau. Elles varient entre 500 $ et 1000 $ par infraction.

Une dizaine d'adresses étaient visées par les 30 avis d'infraction. Dans le cas du dépanneur du 3985, rue Beaubien Est, la CSST exhorte la société à installer une telle barrière physique depuis deux ans. L'établissement qui est toujours ouvert, contrairement à ce qui était écrit dans notre édition d'hier, a connu 20 événements comprenant un risque d'agression pour ses commis dans les années 2007 et 2008, d'après un rapport d'intervention de la CSST daté du 4 mai 2009.

Cinq dépanneurs, 61 événements à risque

La CSST ne nous a pas fourni la liste des établissements visés par l'entente de jeudi. Nous en avons recensé cinq, quatre dans l'est de Montréal (3985, Beaubien Est ; 8550, Hochelaga ; 5755 et 8950, rue Sherboroke Est) et un à Anjou (7151, rue Jarry Est). Ces établissements ont été victimes de 61 événements comportant un risque d'agression dans les dernières années, selon différents rapports d'intervention de la CSST. Seuls les incidents ayant entraîné un appel au service de police sont recensés dans les documents que nous avons consultés.

Couche-Tard n'a pas donné suite à nos demandes d'informations. On ne sait donc pas si la société de Laval entend élargir l'application des mesures de sécurité exigées par la CSST à ses autres dépanneurs à risque qui ne font pas partie de l'entente. L'entreprise dirigée par Alain Bouchard détient plus de 550 dépanneurs au Québec.

À la CSN, qui a syndiqué quatre dépanneurs Couche-Tard et qui est à négocier une première convention collective au dépanneur du 2500, rue Jean-Talon Est, on s'interrogeait hier sur la place occupée par les travailleurs dans l'entente entre Couche-Tard et la CSST. « Il y a un deal qui se fait entre l'entreprise et la CSST, mais qui parle au nom des travailleurs en matière de santé et sécurité au travail ? », se demande David Bergeron-Cyr, vice-président de la Fédération du commerce à la CSN. La centrale a comme demande syndicale l'installation d'un « bouton panique » au 2500, rue Jean-Talon Est.