La Cour suprême des États-Unis s'est montrée perplexe mardi sur la possibilité pour plus d'un million de femmes de poursuivre en nom collectif pour discrimination leur actuel ou ancien employeur, le géant de la distribution américain Walmart (WMT).

Publié le 29 mars 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Des milliards de dollars sont en jeu et si la plus haute juridiction américaine donne son feu vert aux femmes, il s'agira d'un précédent inédit dans la lutte contre les discriminations au travail.

Les femmes employées chez Walmart depuis décembre 1998 estiment avoir été systématiquement moins bien payées que leurs collègues masculins et avoir obtenu moins de promotions, à compétences égales.

Six plaignantes ont déposé plainte et souhaitent parler au nom de centaines de milliers de leurs congénères.

Lors d'une heure d'intenses débats, les juges de la Cour suprême ont assailli les représentants des parties de questions, manifestement peu à l'aise à l'idée d'ouvrir les vannes à d'aussi larges plaintes en nom collectif.

Évoquant des «incohérences», le juge Anthony Kennedy, dont le vote fait souvent pencher la balance entre les conservateurs et les progressistes de la Cour, a semblé particulièrement peu réceptif à l'idée qu'entre 500 000 et 1,5 million de femmes puissent toutes avoir subi le même préjudice.

«Pensez-vous que vous montrez vraiment que cette politique (de discrimination) était centralisée» chez Walmart?, a interrogé pour sa part le juge ultraconservateur Antonin Scalia.

Il a rejeté l'argument des plaignantes, qui critiquent le principe d'avoir délégué à la hiérarchie locale l'attribution d'augmentations ou de promotions.

Dans ce cas, a-t-il estimé, elles ne peuvent par affirmer en parallèle qu'il y avait une politique de la direction centrale pour désavantager les femmes.

Les juges, notamment les trois femmes siégeant à la Cour suprême pour la première fois de son histoire, ont cependant rappelé que «des articles, mois après mois, montrent que des femmes sont traitées inégalement» chez Walmart.

Les neuf sages doivent rendre leur décision d'ici fin juin.