Insatisfait de la «perception» qu'ont ses clients des rayons de fruits et légumes de ses supermarchés, Metro (T.MRU.A) entend améliorer la situation au cours des prochains mois.

Mis à jour le 17 nov. 2010
LA PRESSE CANADIENNE

«Nous ne sommes pas emballés par la perception que les clients ont de nos fruits et légumes en général», a reconnu mercredi le président et chef de la direction du détaillant montréalais, Éric La Flèche, au cours de la téléconférence avec les analystes portant sur les plus récents résultats trimestriels.

Avec la préoccupation sans cesse grandissante des consommateurs pour leur santé, les fruits et légumes deviennent de plus en plus importants pour les entreprises du secteur de l'alimentation.

«C'est le rayon par lequel beaucoup de clients jugent un magasin et on pense qu'en renforçant ce rayon-là, ça va être bon pour nos affaires», a précisé M. La Flèche lors d'un entretien téléphonique.»

Metro a mis en place une «équipe projet» qui a pour tâche de trouver de meilleures façons de présenter les fruits et légumes dans les magasins et, peut-être, d'accroître le nombre de produits offerts.

L'entreprise compte par ailleurs accroître son offre de produits ethniques dans les marchés où les nouveaux arrivants se font nombreux, plus particulièrement en Ontario.

L'entreprise croit que ces deux initiatives, conjuguées au lancement du programme de fidélisation Metro&moi au Québec, lui permettront de mieux faire face à la concurrence, qui demeure très vive dans l'industrie.

La récession de 2008-2009 a rendu les consommateurs plus économes et malgré un certain redressement de l'économie au cours des derniers mois, la clientèle est plus que jamais à l'affût des promotions, a relevé M. La Flèche.

Malgré tout, Metro a réussi à accroître ses ventes et sa rentabilité à son quatrième trimestre, réussissant même à enregistrer, une fois de plus, des profits nets records.

Pour la période qui a pris fin le 25 septembre, le bénéfice net a augmenté de 10,7% pour atteindre 93,4 millions (88 cents par action), comparativement aux 84,4 millions (77 cents par action) dégagés pendant le même trimestre de l'an dernier.

Les résultats sont supérieurs aux attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur un bénéfice par action de 84 cents.

Le chiffre d'affaires a totalisé 2,56 milliards, en hausse de 1,1%. Même si les prix ont reculé d'environ 1% pendant la période, les ventes des magasins comparables n'ont reculé que de 0,5%.

Pour l'ensemble de l'exercice, le bénéfice net de Metro s'est élevé à 391,8 millions (3,65 $ par action), en hausse de 10,6% par rapport aux 354,4 millions (3,19 $ par action) engrangés il y a un an.

«Même si nous avons connu une baisse des prix pendant la plus grande partie de l'année, la société a pu augmenter ses marges bénéficiaires et ses profits nets», a souligné M. La Flèche.

Metro est parvenu à de tels résultats en continuant de gérer ses activités de façon serrée, a commenté l'analyste Keith Howlett, de Valeurs mobilières Desjardins, dans une note.

Investissements

Pendant l'exercice qui vient de débuter, Metro prévoit investir 225 millions dans la rénovation, l'agrandissement et la construction de supermarchés, principalement au Québec.

La superficie totale des magasins devrait s'accroître d'environ 1%, soit la moitié de la croissance enregistrée en 2009-2010, alors que l'acquisition de la chaîne GP avait fait bondir le nombre de pieds carrés.

Au Québec, le détaillant mise beaucoup sur Metro&moi pour accroître ses ventes, Déjà, après quelques mois d'activité, les membres de Metro&moi dépensent autant que les abonnés au programme de fidélité de Metro en Ontario, Air Miles.

«Même avec une faible croissance des volumes, nous pensons que nous pourrons bien gérer nos marges et contenir nos coûts afin de produire une augmentation du bénéfice net», a affirmé M. La Flèche.

Par ailleurs, il faudra voir si les chaînes de supermarchés pourront profiter de la hausse des prix de certains aliments qui se profile à l'horizon dans la foulée du bond récent des cours de plusieurs matières premières.

Pharmacies

Quant à la baisse du prix des médicaments génériques décrétée par les provinces, elle aura indéniablement un impact pour Metro, qui possède le grossiste pharmaceutique McMahon ainsi que les bannières Brunet et Clini Plus.

«Même si ce n'est pas une grosse portion de nos affaires, cela aura indéniablement un impact sur la croissance de nos ventes, en plus de mettre de la pression sur nos marges», a indiqué le chef de la direction financière, Richard Dufresne.

Ceci étant dit, comme les pharmacies indépendantes pourraient se montrer plus vulnérables à la réforme que les chaînes, Metro surveillera de près les possibilités d'acquisitions.

«On pense qu'on est dans une bonne position pour faire des acquisitions s'il y en a qui se présentent, mais il n'y a rien en vue pour le moment», a précisé M. La Flèche.

En début d'après-midi, l'action de Metro s'échangeait à 46,02 $, en baisse de 0,5%, à la Bourse de Toronto.