La baisse des prix de l'essence à la pompe a fait ralentir l'inflation annuelle du pays le mois dernier. Celle-ci a ainsi atteint sa cadence la plus lente en plus d'un an, a indiqué mercredi Statistique Canada.

ANDY BLATCHFORD LA PRESSE CANADIENNE

L'inflation de 1,4 % enregistrée en janvier - la plus faible croissance des prix depuis l'automne 2017 - faisait suite à une inflation de 2,0 % en décembre, a noté l'agence fédérale.

Les économistes s'attendaient en moyenne à une inflation de 1,5 % en janvier, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

À l'échelle du pays, les Canadiens ont payé leur essence 14,2 % moins cher le mois dernier qu'en janvier 2018. Les prix des appareils informatiques ont diminué de 9,2 % sur un an, alors que ceux pour l'hébergement des voyageurs ont cédé 3,2 %. Le rapport indique également que les prix du mazout ont baissé de 3,3 % et que ceux du gaz naturel, de 2,3 %.

En excluant l'essence, l'inflation s'est établie à 2,1 % le mois dernier, a précisé l'agence.

Les prix plus faibles dans des catégories telles que l'énergie ont contrebalancé la croissance plus forte dans d'autres secteurs. Le mois dernier, les prix des légumes frais avaient grimpé de 13,2 %, ceux des coûts d'intérêts hypothécaires de 7,8 % et ceux des aliments achetés dans les restaurants de 5,3 %.

La moyenne des trois lectures de l'inflation de base de la Banque du Canada, qui excluent les éléments plus volatils tels que l'essence, est restée stable à 1,9 % en janvier, pour un troisième mois consécutif, a indiqué Statistique Canada.

La Banque du Canada s'attend à ce que l'inflation recule légèrement sous sa cible idéale de 2,0 % et se maintienne à ce niveau tout au long de 2019, principalement en raison de la baisse des prix de l'essence.

La banque centrale, qui vise à maintenir l'inflation entre 1,0 % et 3,0 %, peut relever son taux d'intérêt directeur pour éviter que l'inflation ne monte trop haut.

La prochaine décision de la banque centrale sur sa politique monétaire est prévue pour mercredi prochain. La plupart des observateurs s'attendent à ce qu'elle laisse son taux directeur inchangé à 1,75 %.

« Je ne pense pas que ce rapport affectera la décision de la Banque du Canada », a estimé Alicia Macdonald, économiste principale au Conference Board du Canada, à propos de l'indice des prix à la consommation de mercredi.

« Nous pensons qu'ils vont rester en attente. Ce qu'ils étudient réellement, c'est comment la croissance économique se déroulera au cours des prochains mois et ce que cela signifie pour l'inflation future. »

Mme Macdonald a dit s'attendre à ce que la faiblesse persistante des prix de l'essence pèse sur la prochaine lecture de l'indice des prix à la consommation, pour le mois de février.

Royce Mendes, de Marchés mondiaux CIBC, a écrit dans une note de recherche publiée mercredi que la banque centrale regarderait au-delà des chiffres de l'inflation, en particulier si l'inflation de base avoisinait la cible de 2,0 %.

« La Banque du Canada semble bien placée pour rester sur la touche pendant au moins la première moitié de l'année », a estimé M. Mendes.

La semaine dernière, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a indiqué que la trajectoire de hausse attendue du taux d'intérêt vers une plage de destination probable comprise entre 2,5 % et 3,5 % était « très incertaine ».

La banque, a-t-il dit, surveille de près plusieurs incertitudes importantes.

Parmi celles-ci, M. Poloz a indiqué que l'institution examinerait notamment l'impact des taux d'intérêt plus élevés sur les Canadiens endettés, l'adaptation des marchés du logement à la hausse des coûts d'emprunt et des directives hypothécaires plus strictes, les perspectives d'investissement des entreprises et l'environnement commercial mondial, « très incertain ».