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«Nous devons construire des pipelines», lance le PDG d'Air Canada

À l'approche d'une campagne électorale fédérale, le président et chef de la direction d'Air Canada, Calin Rovinescu, s'est lancé hier dans une charge à fond contre les politiques économiques du gouvernement actuel, se décrivant lui-même comme « frustré ».

« Nous devons construire des pipelines », a par exemple lancé sans détour M. Rovinescu, invité hier midi à la tribune du Cercle canadien. « Ils stimulent notre économie. Il faut régler ça une fois pour toutes. Dans l'Ouest comme dans l'Est. »

Cette prise de position subite de l'un des plus importants dirigeants au Canada détonnait, sur une tribune d'où plusieurs dirigeants invités se contentent généralement de rappeler les faits saillants du développement de leur entreprise, ce qu'a d'ailleurs fait M. Rovinescu pendant 25 minutes avant de plonger.

« En cette année d'élections, je dois dire quelques mots sur les perspectives de compétitivité et de croissance économique du Canada », a-t-il alors amorcé, avant de décrire sa participation récente à une réunion des dirigeants de 150 des plus grandes entreprises canadiennes, au sein du Conseil canadien des affaires.

« Plusieurs au sein du Conseil se sont dits frustrés par la compétitivité du Canada. Je partage cette frustration. Je donnerais au Canada une note de 5 sur 10 pour son aide à bâtir et maintenir des entreprises compétitives à l'échelle internationale. »

Comme le cannabis

Ce n'est pas que le gouvernement est foncièrement incapable de bonne volonté et de sentiment d'urgence, croit M. Rovinescu.

« La légalisation du cannabis est un bon exemple, plaide-t-il. Que je sois personnellement en accord ou pas, le fait est que le gouvernement l'a fait, et presque dans un temps record. Nous pouvons certainement nous attaquer aux dossiers des pipelines, de l'ingénierie, de l'approvisionnement, du secteur manufacturier, du pharmaceutique, des télécoms, des médias et de l'aviation, parmi les nombreux secteurs qui ont besoin d'attention, avec le même sentiment d'urgence que nous l'avons fait pour le cannabis. »

Selon le numéro un d'Air Canada, le Canada devrait notamment améliorer sa fiscalité pour encourager l'investissement, supprimer les barrières au commerce interprovincial, s'attaquer aux réglementations qui se chevauchent entre ordres de gouvernement, encourager les investissements dans les infrastructures comme les chemins de fer, les routes, les aéroports et la grille électrique, développer une stratégie pour développer les talents et retenir les immigrants qualifiés.

« [Il faut] trouver un équilibre entre, d'une part, les règles bien intentionnées de protection du consommateur qui sont belles sur papier et peuvent cyniquement faire gagner quelques votes et, d'autre part, les dommages qu'elles peuvent causer dans un environnement déjà surréglementé », dit-il.

Ce dernier aspect faisait directement référence à la position de sa propre entreprise, et il ne l'a pas caché. Devant déjà supporter des frais liés au gouvernement « parmi les plus élevées au monde », l'industrie aérienne verra bientôt s'ajouter « des coûts additionnels, dans les milliards de dollars, provenant de plusieurs départements du gouvernement, tous en même temps ».

« En plus des loyers aéroportuaires exorbitants, des surtaxes de sécurité, des taxes d'accise sur le carburant et des frais d'amélioration aéroportuaire, nous devrons bientôt faire face à un fardeau réglementaire additionnel non coordonné, assorti de coûts massifs, découlant de la réglementation sur les droits des passagers, des nouvelles règles en matière d'accessibilité, des nouvelles règles sur la fatigue, de la taxe sur le carbone, etc. »

Selon lui, différentes agences et départements du gouvernement fédéral sont « antagonistes à la croissance des compagnies canadiennes ». Le gouvernement, croit-il, devrait plutôt s'inspirer de pays qui encouragent la création de champions nationaux, comme les États-Unis, l'Allemagne, les Émirats arabes unis, Singapour « et oserais-je dire la Chine ».

Sommet historique

M. Rovinescu célébrera le 1er avril prochain ses 10 ans à la barre du plus grand transporteur aérien canadien. Arrivé en pleine crise financière, à un moment où l'action d'Air Canada ne valait que 0,78 $, il a rappelé qu'elle avait atteint hier en cours de journée, à 30,57 $, le prix le plus élevé de son histoire.

Au cours de ces 10 années, le titre d'Air Canada a progressé de plus de 3900 %.




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