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Les pépins du secteur pétrolier se répercuteront, dit Poloz

Stephen Poloz a affirmé que la part de... (Photo PETER NICHOLLS, Reuters)

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Stephen Poloz a affirmé que la part de la production de pétrole et de gaz naturel dans l'économie canadienne ne représentait plus que 3,5 %, comparativement à 6,0 % en 2014.

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ANDY BLATCHFORD
La Presse canadienne
Ottawa

L'incidence négative de la faiblesse des prix du pétrole dans l'Ouest canadien se répercutera sur l'ensemble de l'économie du pays, a prévenu jeudi le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

Ses conséquences devraient cependant être moins importantes que celles observées lors de la crise des prix du pétrole de 2015, qui avait entraîné une légère récession technique et convaincu la banque centrale d'abaisser les taux d'intérêt à deux reprises.

Malgré ce nouveau recul des prix du pétrole, le M. Poloz a estimé jeudi que ses hausses des taux d'intérêt seraient toujours nécessaires. La banque centrale relève progressivement les taux depuis plus d'un an, avec le raffermissement de l'économie.

Toutefois, les futures hausses de taux seront probablement plus progressives que ce que de nombreux observateurs prédisaient il n'y a que quelques jours. Alors que plusieurs observateurs misaient sur une nouvelle hausse des taux en janvier, la majorité d'entre eux prévoient dorénavant un ralentissement dans la cadence de ces augmentations en raison des préoccupations exprimées par M. Poloz ces derniers jours au sujet des récents développements économiques.

Mercredi, la banque a laissé son taux directeur inchangé à 1,75 %, en insistant sur de nouveaux éléments négatifs, tels que la récente baisse des prix du pétrole.

En expliquant cette décision jeudi, M. Poloz a semblé moins enclin à modifier le taux de sitôt.

« Le niveau actuel des taux d'intérêt demeure approprié pour le moment », a affirmé M. Poloz dans son discours prononcé lors d'un événement organisé par la CFA Society Toronto.

« Nous estimons encore que le taux d'intérêt directeur devra augmenter [...]. Bien entendu, le rythme de ce processus dépendra fortement des données. »

La banque a annoncé mercredi que le calendrier des futures augmentations dépendrait désormais de plusieurs facteurs - la persistance de la crise du brut, la capacité d'accélération des investissements des entreprises et la marge de manoeuvre de l'économie pour se développer sans alimenter l'inflation.

« Ajustement douloureux » pour l'Ouest

La banque a haussé son taux directeur lors de sa réunion d'octobre. Il s'agissait alors de sa cinquième augmentation depuis l'été 2017. Mais beaucoup de choses ont changé dans les six dernières semaines.

Dans son discours de jeudi, M. Poloz a affirmé que les données dévoilées depuis octobre étaient « plutôt décevantes » et que la dynamique économique au début du dernier trimestre de 2018 était moins vigoureuse que la banque ne le prévoyait.

M. Poloz a notamment souligné que la baisse inattendue des investissements des entreprises au cours de l'été avait été un élément clé, mais il a ajouté que la baisse des prix du pétrole était la nouveauté la plus importante.

« Il apparaît déjà qu'un ajustement douloureux s'amorce pour l'Ouest canadien, et cela aura un important effet macroéconomique sur le pays », a-t-il affirmé.

« Cela dit, étant donné la consolidation qui s'est opérée dans le secteur de l'énergie depuis 2014, les effets nets de la baisse des prix du pétrole sur l'économie canadienne dans son ensemble devraient, à parts égales, être moins prononcés qu'en 2015. »

Le gouverneur de la banque centrale a ajouté que la part de la production de pétrole et de gaz naturel dans l'économie canadienne ne représentait plus que 3,5 %, comparativement à 6,0 % en 2014. Au cours des années qui ont suivi la dernière crise, le secteur a ajusté ses structures de coûts, ses salaires et ses niveaux d'emploi, a souligné M. Poloz.

Le gouverneur a également observé qu'en 2015, environ 30 % de tous les investissements des entreprises au Canada étaient dans le secteur pétrolier et gazier, alors qu'ils ne représentent plus qu'environ 18 % aujourd'hui.

M. Poloz a en outre souligné que le nouveau choc pétrolier survenait alors que l'économie canadienne tourne près des limites de sa capacité et que le taux de chômage a atteint son plus bas niveau en 40 ans.

Il a ajouté qu'il espérait que les investissements des entreprises reprendraient, maintenant qu'une partie de l'incertitude entourant le libre-échange en Amérique du Nord s'est atténuée avec la conclusion du nouvel accord entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

La banque centrale, a-t-il dit, sera également attentive aux signes que l'économie peut encore croître sans alimenter l'inflation. M. Poloz a noté que les récentes révisions à la baisse des données sur le produit intérieur brut suggéraient l'existence d'une marge de croissance non inflationniste.




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