Alors que l'économie canadienne fonctionne à plein régime, et que le gouvernement Trudeau entreprend la dernière année de son mandat, le ministre des Finances, Bill Morneau, compte faire une mise à jour économique et financière le 21 novembre à la Chambre des Communes.

M. Morneau a annoncé la date de sa prochaine mise à jour économique durant la période de questions, jeudi après-midi, en réponse à une question d'un député libéral.

« Notre économie est parmi les plus robustes des pays du G7. Le taux de chômage est à son plus bas niveau en 40 ans. Les Canadiens ont créé plus d'un demi-million d'emplois au cours des trois dernières années. Je suis donc heureux d'annoncer que nous allons présenter notre mise à jour économique le 21 novembre pour informer les Canadiens de nouvelles mesures que nous allons prendre pour s'assurer que notre économie continue de croître, que les gens continuent d'investir dans notre pays et créer des emplois », a déclaré le ministre des Finances.

Dans cette mise à jour, d'aucuns s'attendent à ce que Bill Morneau réponde en partie aux demandes des entreprises qui réclament de nouvelles mesures fiscales pour mieux affronter leurs concurrents américains, qui ont eu droit à de généreuses baisses d'impôts par l'administration de Donald Trump.

Aux États-Unis, le taux d'imposition des sociétés est donc passé de 35 % à 21 % au début de l'année, ce qui a ramené le fardeau fiscal des entreprises américaines à un niveau en dessous de la moyenne des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Des groupes d'affaires exhortent depuis lors le gouvernement Trudeau à réduire le taux d'imposition au pays, soutenant que le Canada a perdu un avantage compétitif qui lui a permis d'attirer sa part des investissements étrangers dans le passé. Le taux d'imposition moyen (fédéral/provincial) s'établit à environ 28 % au Canada pour les entreprises.

Mais le grand argentier du pays n'est pas convaincu qu'une des mesures qu'il doit privilégier est de réduire davantage le fardeau fiscal des entreprises, selon des informations publiées dans La Presse+ en août. Au début de la semaine, le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, a publié un rapport qui semble donner raison au ministre des Finances. « Nous prévoyons que la Tax Cuts and Jobs Act des États-Unis n'aura pas de répercussions notables sur le climat d'investissement au Canada », a-t-il notamment affirmé.

Le directeur parlementaire du budget prévoyait aussi dans ce rapport que les récents changements au taux d'imposition sur le revenu des sociétés aux États‑Unis encourageront les sociétés multinationales à rapatrier une partie de leurs profits du Canada vers les États‑Unis. Mais cela devrait se traduire par une baisse de 500 millions de dollars de l'impôt fédéral sur le revenu des sociétés par année, en moyenne.

Le ministre Morneau a déjà fait savoir que sa priorité sera de s'assurer que les entreprises canadiennes puissent brasser des affaires tout en demeurant compétitives dans un contexte économique nord-américain de plus en plus incertain. Et il croit pouvoir atteindre cet objectif de plusieurs façons, sans nécessairement avoir à réduire le fardeau fiscal des sociétés.

Le gouvernement Trudeau n'a pas d'ailleurs pas la marge de manoeuvre financière pour se livrer à un tel exercice, malgré une solide croissance de l'économie canadienne. Il a déjà renié sa promesse de rétablir l'équilibre budgétaire avant la fin de son mandat et avait promis de « modestes déficits » de 10 milliards de dollars aux élections générales de 2015 pour augmenter les investissements dans les projets d'infrastructure, entre autres choses.

Les déficits ont été près de deux fois plus élevés que prévu depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir et le ministre Morneau ne prévoit pas que le déficit sera éliminé au cours des cinq prochaines années.