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Fiscalité: l'OCDE s'intéresse à la «révolution» canadienne

Le ministre fédéral de la Famille Jean-Yves Duclos... (Photo Chad Hipolito, Archives La Presse Canadienne)

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Le ministre fédéral de la Famille Jean-Yves Duclos sera à Paris aujourd'hui au sujet du remède fiscal qu'a retenu le gouvernement Trudeau pour donner de l'oxygène à la classe moyenne.

Photo Chad Hipolito, Archives La Presse Canadienne

Taxer davantage les plus riches pour réduire le fardeau fiscal des contribuables de la classe moyenne, une idée révolutionnaire ? Il appert que oui, et la Banque mondiale ainsi que l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) tiennent à en savoir davantage au sujet du remède qu'a retenu le gouvernement Trudeau pour donner de l'oxygène à une classe moyenne qui ne cesse d'exprimer sa colère ailleurs dans le monde.

Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a été invité à Paris aujourd'hui par les dirigeants de ces deux organisations internationales afin d'expliquer les tenants et les aboutissants d'une formule qui pourrait être appliquée ailleurs si l'on veut éviter une multiplication de chocs à la Brexit, a appris La Presse.

M. Duclos, qui est aussi économiste, sera le principal conférencier de la rencontre organisée par la Banque mondiale et l'OCDE qui porte sur l'avenir de la classe moyenne partout sur la planète.

Dans une entrevue accordée à La Presse avant son départ pour la capitale française, M. Duclos a indiqué que le gouvernement Trudeau a ostensiblement fait bande à part aux dernières élections en promettant de taxer davantage les mieux nantis afin de réduire les impôts des contribuables de la classe moyenne.

Jusqu'à tout récemment, la grande majorité des gouvernements étaient guidés par les principes du « trickle down economics » - popularisés par l'ancien président américain Ronald Reagan dans les années 80. Ces principes voulaient qu'en réduisant le fardeau fiscal des riches - les seuls qui pouvaient économiser et investir -, ces derniers dépenseraient davantage et cela stimulerait la croissance économique. Les effets bénéfiques d'une telle mesure finiraient par toucher les autres contribuables moins riches. Mais cette théorie économique, à l'ère de la mondialisation et de l'innovation technologique, a démontré qu'elle a ses limites.

330 $ PAR ANNÉE

La mesure « révolutionnaire » proposée par les libéraux de Justin Trudeau est entrée en vigueur rapidement après leur victoire électorale, soit le 1er janvier. Ainsi, le gouvernement Trudeau a fait passer de 22,0 à 20,5 % le taux du deuxième palier d'imposition (revenus imposables de 45 282 à 90 563 $) pour les particuliers et il a créé une nouvelle tranche d'imposition de 33 % pour ceux dont le revenu dépasse 200 000 $. En tout, 9 millions de contribuables ont eu droit à une réduction moyenne de 330 $ par année.

« C'est révolutionnaire, ce qu'on a fait. Ce n'est pas parce qu'il y a un groupe de contribuables qu'on n'aime pas (riches) et un groupe qu'on aime (classe moyenne). C'est parce que depuis une trentaine d'années, toutes les études démontrent que les revenus des 1 % ont essentiellement doublé et que ceux de la classe moyenne ont augmenté de 10 %. » - Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social

« Alors, cela démontre que les mécanismes de développement économique modernes tendent à favoriser les plus nantis. Alors, nous avons opté pour un renversement total de l'ancienne philosophie », ajoute le ministre Duclos.

« Les membres de l'OCDE et la Banque mondiale sont à la fois inspirés et curieux d'en savoir un peu plus au sujet de ce qui se passe au Canada. Le Canada est un des rares pays qui se distinguent dans l'agenda mondial depuis quelques mois, à la fois sur les plans politique, social et économique. Nous avons un agenda qui contraste de manière importante avec celui des gouvernements des autres pays », a-t-il ajouté.

Le ministre a souligné que les experts s'entendent pour dire que le rôle de la classe moyenne est non seulement important pour des raisons économiques, mais aussi pour des raisons politiques. « Ce sont les gens de la classe moyenne qui décident et apportent une stabilité politique. Leur bien-être à eux est donc important pour des raisons politiques et la classe moyenne est aussi le moteur de la croissance de l'économie », a-t-il dit.

LES MOINS NANTIS AUSSI

S'il se préoccupe du sort de la classe moyenne, le gouvernement Trudeau a aussi adopté une refonte de l'ensemble des allocations pour les familles afin de créer la nouvelle allocation canadienne pour les enfants non imposable qui est entrée en vigueur en juillet. Cette allocation est davantage axée sur les familles qui en ont besoin et exclut celles qui sont les plus fortunées. Pour le ministre Duclos, cette mesure va sortir près de 300 000 enfants de la pauvreté. Par exemple, une mère de famille monoparentale ayant deux enfants et touchant un revenu de moins de 30 000 $ reçoit d'Ottawa une allocation de 11 800 $ non imposable. Sous l'ancien régime, elle recevait 2700 $ de moins et une portion était imposable.




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