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Vers un mariage Résolu-Tembec?

Tembec est une société de fabrication de bois,... (Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Tembec est une société de fabrication de bois, pâtes, papier et cellulose de spécialités comptant 3500 employés dans des usines principalement au Canada et en France.

Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse

Richard Dufour

L'arrivée de Fairfax dans le capital-actions de Tembec au cours de la dernière semaine alimente les conjectures sur Bay Street, où on évoque une fusion éventuelle de Tembec avec Produits forestiers Résolu.

Le conglomérat torontois Fairfax vient de racheter pour 45 millions de dollars la participation de 20% dans Tembec que détenait la firme américaine d'investissement Wayzata Partners. Fairfax est ainsi devenu cette semaine le plus important actionnaire de Tembec.

Bien que Fairfax soutienne dans un communiqué qu'il a acheté cet important bloc d'actions à des «fins d'investissement», plusieurs éléments permettent de soupçonner que Fairfax pourrait faire bouger des choses.

Fairfax est le plus important actionnaire de Produits forestiers Résolu. Le président du conseil d'administration de Résolu, Bradley Martin, est aussi vice-président des placements stratégiques chez Fairfax.

Résolu et Tembec ont aussi d'autres importants actionnaires en commun. SteelHead Partners est le deuxième actionnaire en importance de Résolu avec une participation de 9%, et est le troisième en importance chez Tembec avec un intérêt de 13%. Restructuring Capital Associates détient de son côté une participation de 18% dans Tembec, ce qui en fait son deuxième plus grand actionnaire. Cette firme est également un des 15 plus importants actionnaires de Résolu.

«Ceux qui suivent le secteur de près vont se rappeler que Fairfax a poussé Fibrek dans les bras de Résolu il y a quatre ans, alors que Fairfax était le plus important actionnaire de ces deux entreprises», souligne un analyste qui demande à ne pas être identifié. Des conventions de blocage avec les trois plus grands actionnaires de Fibrek, dont Fairfax, avaient au préalable été conclues par Résolu.

«Résolu a dit dans le passé que la pâte et le bois d'oeuvre pouvaient être des vecteurs de croissance et Tembec est majoritairement dans le bois et la pâte. C'est clair que ça pourrait être un mariage intéressant», ajoute le financier.

Chez RBC, l'analyste Paul Quinn soutient que des investisseurs pensent que Résolu-Tembec est une combinaison qu'on pourrait voir éventuellement. «C'est assurément une possibilité», dit-il en entrevue téléphonique. «Regardez comment Fibrek a été achetée par Résolu. C'est précisément ce que les investisseurs peuvent voir.»

«Ça serait plein de bon sens comme transaction. Il y aurait des synergies à dégager», dit un autre expert qui ne peut être identifié.

Un tel mariage ne serait cependant pas sans risque. «Les dirigeants de Résolu pourraient être refroidis par Greenpeace qui s'est donné comme mission de sauver les dernières forêts naturelles qui restent. La forêt boréale du Québec est l'une d'elles», dit un analyste. «La guerre entre Greenpeace et les compagnies forestières du Québec est loin d'être terminée. Les deux entreprises les plus présentes dans la forêt boréale sont Tembec et Résolu. En les mettant ensemble, on doublerait les ennuis avec Greenpeace. C'est clair que cet aspect entre dans l'équation. Résolu ne payera pas un prix pour se mettre plus de problèmes sur le dos.»

Autre scénario

Un autre scénario à envisager, selon un des experts interrogés, est la fusion des activités de pâte à dissoudre de Tembec avec celles de la société papetière canadienne Fortress Paper. Cette dernière fait face à certaines difficultés et le chef de sa division de pâte à dissoudre est Yves Pelletier, un ex-haut dirigeant de Tembec.

Fairfax, qui n'a pas rappelé La Presse, a par ailleurs historiquement été le type d'investisseur qui acquiert une position importante lorsqu'il perçoit une occasion. Le titre de Tembec se négocie actuellement près de son creux des 52 dernières semaines.

En 2008, Fairfax avait pris une importante participation dans Interfor dans les heures les plus sombres de la crise financière alors que le titre de cette société forestière de Vancouver était pratiquement devenu un penny stock. L'évaluation boursière s'est depuis replacée, Fairfax est toujours actionnaire, et l'action d'Interfor vaut aujourd'hui une vingtaine de dollars.

Tembec et Résolu n'ont pas donné suite aux messages laissés par La Presse.




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