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É.-U. et Cuba: les entreprises canadiennes aux aguets

Plusieurs entreprises canadiennes du secteur du tourisme sont... (PHOTO ADALBERTO ROQUE, ARCHIVES AFP)

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Plusieurs entreprises canadiennes du secteur du tourisme sont bien placées pour profiter de la nouvelle donne à Cuba, qui pourrait suivre le rétablissement des relations entre Washington et La Havane.

PHOTO ADALBERTO ROQUE, ARCHIVES AFP

Sylvain Larocque
La Presse

Le rétablissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba pourrait changer la donne pour les entreprises canadiennes présentes dans l'île communiste, estime un consultant spécialisé.

«On ne sait pas encore jusqu'où Barack Obama pourra aller. Mais si l'embargo économique devait être levé, l'impact serait majeur dans le marché cubain. Les entreprises étrangères actives à Cuba seraient soudainement confrontées à la concurrence des Américains, ce qui pourrait être difficile pour certaines d'entre elles», affirme Ricardo Alcolado Perez, président d'IberoAmerican, une firme torontoise qui conseille des sociétés canadiennes faisant affaire à Cuba.

M. Perez estime que les entreprises canadiennes du secteur du tourisme seraient les principales bénéficiaires d'une éventuelle levée de l'embargo américain, du moins au début. Chose certaine, Sunwing se tient prêt.

«Nous avons un voyagiste à Atlanta, en Géorgie, indique Sam Char, directeur exécutif de l'entreprise ontarienne. Sunwing Airlines a une licence américaine, nous opérons déjà des vols d'Atlanta, de Minneapolis et de Buffalo et nous envoyons ces gens dans le Sud, mais pas à Cuba.»

Sunwing exploite actuellement 40 appareils. «S'il y a une ouverture, nous pouvons les bouger et les diriger un peu plus vers Cuba, note M. Char. En toute humilité, nous sommes très bien positionnés.»

De plus, l'entreprise gère 11hôtels à Cuba, ce qui représente 6000 chambres. «Personne n'a ça, fait-il valoir. Nous avons plusieurs longueurs d'avance sur nos concurrents.»

Il reste que plusieurs entreprises canadiennes hésitent à faire des affaires à Cuba, craignant des contrecoups négatifs aux États-Unis. Par exemple, la société minière torontoise Sherritt, très active à Cuba, ne peut pas se financer aux États-Unis à cause de l'embargo. Hier, son action a bondi de 26% à la Bourse de Toronto dans la foulée de l'annonce Obama-Castro.

Selon Ricardo Alcolado Perez, les entreprises canadiennes devraient tenter de prendre de court leurs concurrents américains. «Je dis toujours à mes clients de se dépêcher d'entrer à Cuba avant que les Américains débarquent», lance-t-il. C'est sans compter qu'une fois l'embargo levé, les relations d'affaires établies par les Canadiens à Cuba pourraient prendre beaucoup de valeur aux yeux d'Américains souhaitant y investir.

Bureaucratie

Pour Mario Giglio, président de Cuba Cargo, une entreprise de transport et de logistique de Pointe-Claire, le rapprochement entre Washington et La Havane est «une bonne nouvelle». «Ça donne espoir que le commerce devienne plus facile entre le Canada et Cuba», dit-il.

Depuis une trentaine d'années, M. Giglio facilite l'envoi d'équipement, de nourriture et d'autres biens à Cuba. «Ils manquent de tout là-bas», rappelle-t-il.

À l'heure actuelle, il est impossible d'exporter à Cuba, même à partir du Canada, tout produit ayant été fabriqué en tout ou en partie aux États-Unis. De plus, les transactions commerciales doivent toutes être conclues par l'entremise d'entités du gouvernement cubain, ce qui complique les échanges.

Même si l'embargo américain est levé, les lourdeurs bureaucratiques risquent de persister à Cuba, ce qui découragera plusieurs entreprises canadiennes de s'y intéresser, avance Mario Giglio. «Je n'ai rien contre le communisme, mais Cuba doit apprendre à faire les choses efficacement, comme la Chine», soutient-il.

M. Perez se montre plus optimiste. «Si l'embargo est levé, je pense que Cuba voudra faciliter le commerce international, croit-il. Le gouvernement fait déjà des efforts: plus tôt cette année, il a fait adopter une loi qui accélère l'approbation des investissements étrangers.»

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LE COMMERCE CANADA-CUBA (2013)

Exportations à Cuba: 467,6 millions (17,7% provenant du Québec)

> Importations de Cuba: 497,9 millions (1,7% destinées au Québec)

Les principales exportations canadiennes à Cuba sont la machinerie, les céréales et les légumes. Les principales importations cubaines du Canada sont le cuivre, les cigares, le homard et le rhum.

Sources: Statistique Canada, Institut de la statistique du Québec, Bibliothèque du Parlement du Canada

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DES ENTREPRISES QUÉBÉCOISES ACTIVES À CUBA

> Transat

> Air Canada

> Banque Nationale

> Ameublement Elvis

> Krispy Kernels




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