Le Canada, plaque tournante pour la monnaie chinoise?

Selon la Chambre de commerce du Canada, l'établissement... (Photo Archives Reuters)

Agrandir

Selon la Chambre de commerce du Canada, l'établissement d'une plaque tournante du renminbi contribuerait à resserrer les liens économiques et diplomatiques avec la deuxième économie mondiale.

Photo Archives Reuters

(OTTAWA) Le gouvernement Harper pourrait donner un nouvel élan aux relations commerciales entre le Canada et la Chine en établissant ici une plaque tournante de la monnaie chinoise, le renminbi.

Une telle initiative faciliterait les échanges commerciaux entre les deux pays en réduisant les coûts des transactions et permettrait au Canada d'être le premier pays des deux Amériques à détenir une plaque tournante du renminbi, estime la Chambre de commerce du Canada (CCC) dans un rapport publié aujourd'hui.

Selon la CCC, le Canada a tout avantage à resserrer ses liens économiques et diplomatiques avec la deuxième économie mondiale. L'établissement d'une plaque tournante du renminbi contribuerait à atteindre cet objectif.

Quelle forme prendrait une telle plaque tournante? Essentiellement, cela consisterait à ouvrir un centre autorisé par la banque centrale de la Chine à conclure des transactions en renminbi. Le centre serait évidemment doté de l'infrastructure de règlement et de compensation nécessaire et disposerait aussi de suffisamment de liquidités chinoises pour traiter d'importantes transactions à des taux de change stables et prévisibles.

Au cours des derniers mois, la Chine a approuvé des banques de compensation en renminbi dans des villes comme Londres, Francfort et Séoul et a signé des accords avec Paris et le Luxembourg. En outre, 25 autres pays ont paraphé des accords de swap de devises avec Pékin.

«Il commence à y avoir foule, mais aucun pays des Amériques ne compte encore une plaque tournante du renminbi. Si le Canada agissait rapidement, il pourrait devenir un pionnier et nous doter d'un avantage concurrentiel considérable», estime la CCC dans son rapport obtenu par La Presse.

Le premier ministre Stephen Harper doit se rendre à Pékin en novembre afin de participer au sommet de l'APEC. Selon des informations obtenues par La Presse, M. Harper pourrait profiter de ce voyage pour annoncer le début de négociations permettant d'établir un centre de transactions en renminbi.

Deuxième monnaie

Dans son rapport, intitulé Multiplier les échanges commerciaux avec la Chine, la CCC note d'ailleurs que l'utilisation du renminbi chinois est en pleine croissance dans le financement des échanges commerciaux. Si seulement 1,9% des transactions étaient effectuées en renminbis en janvier 2012, elles atteignaient 8,7% à la fin de 2013. Elle est d'ailleurs au deuxième rang des monnaies les plus souvent utilisée dans le monde. En outre, les preuves s'accumulent selon lesquelles les entreprises chinoises préfèrent nettement utiliser la monnaie chinoise dans leurs transactions. Selon une récente étude, 55% des entreprises chinoises se disent prêtes à offrir des escomptes pouvant atteindre 5% à leurs partenaires commerciaux qui accepteraient de transiger en renminbis.

Tendance mondiale

«À plus long terme, l'internationalisation du renminbi est une grande tendance qui refaçonnera la finance mondiale. Cette tendance risque même de remettre éventuellement en question la suprématie du dollar américain», estime la CCC dans son rapport.

La Chine, faut-il le rappeler, est devenue au cours de la dernière décennie le deuxième partenaire commercial du Canada, tant au chapitre des échanges commerciaux que de leur rythme de croissance. Ainsi, les exportations canadiennes vers la Chine ont quadruplé, passant de 5 à 20 milliards. Les importations en provenance de la Chine sont quant à elles passées de 18,6 à 52 milliards.

-----------------

EN CHIFFRES

11,7%

Taux de croissance annuel composé des exportations canadiennes vers la Chine.

2,8 MILLIARDS

Escomptes potentiels dont pourraient profiter les entreprises canadiennes sur leurs importations de la Chine en 10 ans si les transactions étaient effectuées en utilisant le renminbi.

5%

Pourcentage des entreprises canadiennes sondées qui disent utiliser la devise chinoise dans leurs transactions, comparativement à 22% des entreprises à l'échelle internationale et à 17% des entreprises américaines.




Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer