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Analyse: l'énigme manufacturière

Une grande part du recul des ventes est... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Une grande part du recul des ventes est attribuable à la chute de 8,8% des ventes de produits pétroliers.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Rudy Le Cours
La Presse

Il semble bien que la production manufacturière soit le talon d'Achille de l'économie canadienne et, dans une certaine mesure, de celle des États-Unis.

Après une croissance appréciable de l'économie canadienne au premier trimestre (2,5%), l'augmentation des volumes des exportations (0,5%) en avril, la création spectaculaire d'emplois (95 000) et la poussée des mises en chantier (200 178), en mai, les prévisionnistes avaient misé sur un rebond modeste des ventes des fabricants, après le recul de mars.

Statistique Canada a plutôt annoncé un plongeon de 2,4% de la valeur de leurs livraisons, la pire baisse depuis août 2009.

Des reculs sont enregistrés dans huit provinces. Celui de 6,8% du Québec est le deuxième en importance, la triste palme revenant à Terre-Neuve-et-Labrador.

La situation ne se résorbera pas prochainement, si on se fie à la valeur des nouvelles commandes qui a reculé de 0,9% en avril et qui se replie de 2,1% en un an.

Les manufacturiers n'avaient certainement pas prévu l'ampleur de cette désescalade, puisque la valeur de leurs stocks a grimpé pour le quatrième mois d'affilée. À hauteur de 69 milliards de dollars, il s'agit d'un sommet depuis le début de cette série statistique en 1992.

Une grande part de ce recul des ventes est attribuable à la chute de 8,8% des ventes de produits pétroliers. Cela aurait été causé par des activités de maintenance liées à l'entrée en production des carburants d'été, plus longues que par le passé. Si tel était le cas, alors il y aura peut-être eu rattrapage, et diminution des stocks en mai. Si l'activité manufacturière américaine est du moindre secours, alors certains trouveront une mince consolation dans le fait qu'elle a augmenté de 0,1% en mai, après trois reculs mensuels d'affilée.

Les usines, les mines et les services publics (électricité, pipelines) américains restent dans l'ensemble sous-utilisés. En mai, le taux d'utilisation a reculé d'un cran, à 77,6%, ce qui reste encore loin de leur moyenne historique de 80,2%, voire du sommet du présent cycle de 78,1%, observé en mars.

C'est encore bien en deçà du taux d'utilisation canadien qui a atteint 81,1% au premier trimestre, un sommet du présent cycle qui reste néanmoins inférieur à la moyenne historique de 82,5%. Même le taux d'utilisation des capacités manufacturières atteint 79,7%.

Si cela peut consoler face aux chiffres américains, il faut avant tout remarquer que le taux est en baisse de 1,9 point de pourcentage en un an.

Cela est tout à fait conforme au recul annuel des ventes des fabricants, de 3,3% exprimé en valeur et de 3,5% si on le mesure en volume. Pour le seul mois d'avril, les reculs respectifs de 2,4% et 1,6% ont de quoi inquiéter. Ils risquent fort d'avoir complètement entravé la croissance du produit intérieur brut (PIB). La production en usine représente un peu plus de 10% de la taille de l'économie.

Les reculs n'étaient pas que dans la pétrochimie. Treize des 19 segments ont enregistré des reculs, dont 12 sont des poids lourds. Mince consolation, les produits du bois ont réalisé un gain mensuel de 4,9% qui porte à 38,5% leur poussée annuelle. À hauteur de 2,19 milliards, ils représentent le neuvième segment en importance.




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